• Séquence 13<o:p></o:p>

    Le bonheur<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le bonheur renvoi à un état de plénitude continue plus précisément un état de satisfaction complète de toutes les tendances humaines. À ce titre il se présente comme la finalité universelle.<o:p></o:p>

    On peut le distinguer de la joie qui est dynamique et lors d’une émotion passagère, on peut le distinguer du plaisir plus éphémère et de l’ordre de nos sensations (l’agréable lié à un plaisir sensible).<o:p></o:p>

    Les termes de félicité (béatitude) ont une connotation religieuse et ne sont pas lié à la conception de chance.<o:p></o:p>

    Or si le bonheur est produit de manière aléatoire, contingente par les circonstances extérieures comme le suggère l’étymologie latine. Peut-on dire qu’il soit de quelque chose de donné ou de reçu passivement. N’est-ce pas plutôt à l’homme de la rechercher, de le construire ou au moins de s’y montrer accessible, toute circonstance de la vie donnant une chance de bonheur à qui saura le vivre. De plus il semble difficile de donner au bonheur un contenu identifiable. Le bonheur semble menacer par le relativisme, le subjectivisme. On peut néanmoins se demander comment identifier le bonheur.<o:p></o:p>

    Y-a-t-il des signes, des critères objectifs du bonheur.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    I)            Bonheur et malheur<o:p></o:p>

    A) Le bonheur comme manque<o:p></o:p>

    On peut considérer que le bonheur est lié au manque car il est suprêmement désirable. Selon l’eudémonisme de Platon et d’Aristote, la recherche du bonheur est la finalité de l’action morale avertueuse. Selon Aristote le souverain bien peut-être atteint dans le cadre de la vie politique c’est-à-dire au sein de la cité. Pour Platon le souverain bien fait l’objet d’une contemplation au sommet du monde intelligible. Le bien suprême peut se réaliser dans la cité idéale grâce au gouvernement rationnel des philosophes rois.<o:p></o:p>

    En outre, le bonheur est lié à l’amour « ce qu’on a pas, ce qu’on est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour »<o:p></o:p>

    Selon Platon les biens spirituels sont supérieurs aux biens matériels. Dans Gorgias, Socrate s’oppose à Calliclés, il représente la démesure l’intempérance, il considère que le bonheur réside dans une satisfaction effrénée de tous nos désirs.<o:p></o:p>

    Socrate représente la sagesse et considère que l’Homme asservi à ces désirs, il ne peut être heureux car il est pris dans le cercle vicieux des désirs insassiable. L’âme de Calliclés est troublé et n’est jamais sereine et est comparable à un tonneau percé d’où un liquide précieux ne cesse de s’échapper. L’âme de Socrate sereine et est comparable à un tonneau en bon état contenant des liquides précieux.<o:p></o:p>

    Schopenhauer à la suite de Platon a montré que le désir est la cause d’une souffrance perpétuelle pour l’Homme. L’homme comme animal métaphysique s’angoisse à l’idée de sa finitude, sa vie est misérable c’est pourquoi selon Schopenhauer « la vie oscille comme un pendule de la souffrance à l’ennui ». L’homme se trouve asservi au vouloir-vivre qui est un désir aveugle le condamnant à un bonheur illusoire.<o:p></o:p>

    Pour Schopenhauer « tout désir nait d’un manque, d’un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance tant qu’il n’est pas satisfait. Or, nulle satisfaction n’est de durée ; elle n’est que le point de départ d’un désir nouveau […] Pas de terme dernier à l’effort, donc pas de mesure, pas de terme à la souffrance »<o:p></o:p>

    Pour se délivrer de ce jeu tragique de la vie, l’homme peut trouver une consolation provisoire dans l’art qui permet de transformer le cauchemar de l’existence en provoquant la catharsis. En outre l’homme parvenir à l’anéantissement du vouloir vivre dans le nirvana (extension de la flamme du désir)<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    B) Le divertissement<o:p></o:p>

    Dans les pensées, Pascal souligne la misère de l’homme, privé de Dieu qui considère la vanité de l’existence c’est –à-dire son caractère inconsistant, creux, voué à cette existence misérable l’homme demeure sous l’emprise de son imagination et de son amour propre. Donc l’homme duit alors le spectacle de sa condition misérable dans le divertissement en particulier dans le jeu, la fête, le travail. Or la véritable sérénité de l’âme passe par la foi, le cœur. <o:p></o:p>

    Dans le roi se meurt, le roi Bérenger est face à une alternative : soit regarder la mort en face et l’apprivoiser (position de Marguerite) soit se divertir dans des occupation futiles et légères (position de Marie). Le plus difficile pour l’homme est d’affronter son angoisse existentielle dans la solitude. C’est pourquoi selon Pascal « tout ce malheur des hommes vient d’une seule chose qui est de savoir pas demeurer en repos dans une chambre »chose qui est de savoir pas demeurer en repos dans une chambre » <o:p></o:p>

    Le divertissement est un besoin chez l’homme qui n’a pas trouvé la sérénité.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    II)         La conquête du bonheur<o:p></o:p>

    A) La sagesse, le plaisir et la joie<o:p></o:p>

    La sagesse constitue l’idéal philosophique « par la sagesse on entend pas seulement la prudence dans les affaires mais une parfaite connaissance de toute les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les autres »<o:p></o:p>

    Le plaisir est une notion revalorisante dans la philosophie hédoniste, en particulier l’hédonisme épicurien. Épicure affirme sa position sensualiste ; « le plaisir du ventre est le principe la racine de tout bien ; c’est à lui que se ramène les biens spirituels et les valeurs supérieures »<o:p></o:p>

    C’est la métriopathie qui permet de sélectionner les plaisirs les plus avantageux. La philosophie apparaît comme une médecine de l’âme proposant à l'homme des remèdes pour bien vivre. Épicure considère que le plaisir le plus supérieur est le plaisir catastématique et que le plaisir inférieur est le plaisir cinétique qui vise la suppression de la douleur physique de souffrance (l’aponie).<o:p></o:p>

    Pour Aristote le bonheur est accessible de façon concrète dans le cadre de la cité. Il valorise l’amitié permettant la vie pacifiée dans la cité. De plus le bonheur manifeste l’excellence de notre amitié en sollicitant la porte rationnelle de l’âme (noÅ«s)<o:p></o:p>

    Aristote dit « une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul jour, et ainsi la félicité et le bonheur ne sont pas d’avantage l’œuvre d’une seule journée ni d’un bref espace de temps »<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    B) Le bonheur comme promesse<o:p></o:p>

    On peut considérer le bonheur comme promesse dans le cadre de la religion, lié à la notion d’espérance. Selon St Thomas le véritable bonheur de l’homme consiste à contempler le divin et la vérité. La contemplation du vrai représente notre but suprême et nous élève à dieu. Inspiré par Aristote, St Thomas considère que la béatitude parfaite c’est la vision béatifique c’est-à-dire la vision de dieu qui est le fruit de l’intelligence contemplative. Pour Kant le bonheur constitue un idéal de l’imagination et non pas de la raison, il lie le bonheur. Il formule une éthique abstraite de la rationalité et du devoir où il privilégie le contentement moral, intellectuel qui consiste à être maitre de ces penchants, de ces instincts. « Pour l’idée du bonheur, un tout absolu, un maximum de bien-être dans mon état présent et dans toute ma condition future et nécessaire » <o:p></o:p>

    Le terme bonheur serait vide de sens s’il n’était pas rattaché à des contenus empiriques. Il exhorte l’homme à la conduite vertueuse en prenant pour modèle la vie du christ c’est en ce sens que dieu est un postulat de la raison pratique servant de modèle à l’action éthique, c’est ce qui fait le caractère sublime de la morale. Kierkegaard est un philosophe existentialiste danois qui considère le bonheur comme une quête spirituelle avec trois stades :<o:p></o:p>

    - le stade esthétique qui est celui de la course éperdue de désir en désir<o:p></o:p>

    - le stade éthique est celui du devoir caractérisé par la stabilité<o:p></o:p>

    - le stade religieux est celui où l’homme accède par la foi à la vérité authentique et à une forme d’éternité<o:p></o:p>

    Pour Spinoza la béatitude passe par la connaissance intuitive ou connaissance du troisième genre. « La béatitude consiste dans l’amour envers dieu […] et cet amour nait lui même du troisième genre de connaissance »<o:p></o:p>

    L’homme doit s’élever dialectiquement du premier genre de connaissance (la connaissance sensible empirique) pour atteindre le second stade (la connaissance rationnelle démonstrative de type mathématique), il accède à la connaissance des genres tel qu’elles sont en dieu, c’est le troisième degré de connaissance. La connaissance est liée au salut de l’âme.<o:p></o:p>

    « Nous connaissons clairement […] en quoi notre salut, c’es-à-dire notre béatitude ou notre liberté consiste ; j veux dire dans un amour constant et éternel envers dieu ou dans l’amour de dieu envers les hommes » (Spinoza)<o:p></o:p>

    De façon concrète Spinoza crée une éthique de la joie dans le cadre de la cité en invitant les hommes à développé des liens d’amitié avec ces sensibles. L’homme est un dieu pour l’homme. L’état démocratique permet au citoyen d’accéder à la liberté civile à la sécurité à la paix et à la joie.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    On peut dire que le bonheur n’est pas un absolu mais une modalité éminemment relative de l’existence. Donc l’expérience du bonheur est liée à l’expérience du présent c’est-à-dire de la réalité de la vérité actuellement disponible. De plus le bonheur est lié à l’imaginaire mais cet imaginaire fait partie de notre existence de notre expérience réelle de la vie. En outre le bonheur ne consiste pas dans l’acquis, dans le fait d’avoir, dans l’être ou dans l’action. On peut dire que le bonheur s place face à un paradoxe dans le sens où seul celui-ci a cessé de chercher le bonheur peut le vivre concrètement : c’est la thèse d’Alain : « le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l’on pas cherchée »<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>


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  • Séquence 12 – La liberté<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    D’après la conception commune de la liberté être libre c’est faire ce que l’on veut quand on veut et comme on veut sans contraintes ni limites.

    Cette liberté illimitée sans règles c’est la licence.

    La véritable liberté n’admet-elle pas toujours des obstacles des limites, ne se nourrit-elle pas de la contrainte.

    De plus l’homme ne se leurre-t-il pas lorsqu’il prétend que sa liberté est absolue en effet toutes ces pensées tous ces comportements ne sont-ils pas déterminés. Par suite faut-il penser une incompatibilité entre liberté et déterminisme ou bien une conciliation pouvant rendre possible l’idée d’une responsabilité proprement humaine.

    <o:p> </o:p>

    I)            Liberté et déterminisme<o:p></o:p>

    Si nous avons le sentiment de notre liberté et si nous agissons comme si nous étions libre, le sommes-nous réellement. Ne sommes-nous pas déterminée à agir à notre insu.

    <o:p> </o:p>

    A) L’illusion de la liberté<o:p></o:p>

    1)  Des déterminismes cachés ou latents<o:p></o:p>

    Les sciences humaines en s’efforçant de comprendre l’homme ont considérablement réduit la liberté du sujet volontaire.

    La sociologie a montré que les comportements humains sont déterminés par des processus socioéconomiques (le matérialisme historique de Marx).

    De plus la psychanalyse a avancé que le sujet conscient qui revendique la liberté est profondément déterminé par les mécanismes de son inconscient (Freud).

    Enfin la linguistique a montré que les pensées du sujet étaient dépendantes de sa langue.

    Pour Saussure le langage constitue un système de signes. Le signe est constitué du concept (ou signifié) et de l’image acoustique (ou son/ signifiant).

    Le langage a un caractère culturel, il est déterminé par une communauté linguistique.

    <o:p> </o:p>

    2)  Le déterminisme universel en question<o:p></o:p>

    Dans la philosophie classique (17ème / 18ème siècle) on considérait que tous les phénomènes de l’univers obéissait à des lois universelles et immuables. Donc Laplace a énoncé le principe du déterminisme universel (idée de prévisibilité du futur et de nécessité). Spinoza considère que l’homme est pris dans le déterminisme universel de l’univers. L’homme n’est pas un empire au sens où il fait partie de la nature et est animé comme toute les choses de la nature par le conatus. Or l’homme n’a pas conscience de toute les déterminations qui le poussent à agir « les hommes se trompent en ce qu’il se croit libre, et cette opinion consiste en cela seul qu’ils ont conscience de leur actions et sont ignorant des causes par où ils sont déterminés ; ce qui constitue donc leur idée de la liberté, c’est qu’ils ne connaissent aucune cause de leur action » (Spinoza)

    Pour Spinoza, le libre arbitre n’est qu’une illusion. La raison permet à l’homme de se libérer du déterminisme par la connaissance de nos passions, de nos affects.

    Il rejoint la philosophie stoïcienne qui considérer la véritable liberté comme l’acceptation de la nécessité de ce qui ne dépend pas de nous. Pour les stoïciens, la liberté est la puissance d’agir par soi-même au niveau de la pensée, des jugements.

    La liberté est liée à la sérénité à la paix de l’âme.

    D’où le conseil d’Épictète à son disciple « ne demande point que les choses arrivent comme tu le désires, mais désire qu’elles arrivent comme elles arrive alors tu prospéreras. »

    La sagesse suppose l’acceptation du fatum.

    La nécessité n’est pas contraire à la liberté car la connaissance de la nécessité à l’œuvre dans ses déterminations peut accroitre notre liberté

    <o:p> </o:p>

    B) La critique kantienne du déterminisme<o:p></o:p>

    1)  L’articulation du monde phénoménal au monde nouménal<o:p></o:p>

    Kant dépasse l’apparente contradiction entre l’affirmation de la liberté humaine et le déterminisme de l’univers en distinguant deux mondes :

    Le monde phénoménal désigne le monde tel qu’il nous apparaît sous les formes de l’espace et du temps. Ce monde phénoménal est soumis au déterminisme et à l’empirisme mais il ne constitue pas le réel en soi.

    Le monde nouménal nous reste inconnu car il est de l’ordre de la métaphysique, nous ne pouvons donc affirmer que le déterminisme y  règne également.

    La liberté est de nature nouménale.

    <o:p> </o:p>

    2)  La liberté comme postulat de la raison pratique<o:p></o:p>

    Kant distingue le domaine de la science du domaine de la morale. L’homme permet d’articuler le monde phénoménal au monde nouménal en exerçant sa raison car il se constitue comme sujet moral en exerçant sa raison

    C’est sa raison pratique qui lui permet d’énoncer des postulats (la liberté, l’immortalité de l’âme, l’existence de dieu)

    Ces postulats sont des idées régulatrices de la raison.

    La raison est la faculté supérieure par rapport à l’entendement, la sensibilité, la raison.

    La liberté est au delà de l’expérience empirique elle ne peut pas donc pas être démontrer c’est à ce titre qu’elle constitue un postulat.

    <o:p> </o:p>

    II)         La liberté, la morale et la politique<o:p></o:p>

    A) Liberté et morale<o:p></o:p>

    1)  L’autonomie : fondement du devoir<o:p></o:p>

    Selon Kant « la morale est la doctrine qui nous enseigne […] comment nous devons nous rendre digne du bonheur »

    C’est la vertu qui engendre le bonheur. Or la vertu c’est la conformité complète des intentions à la loi morale.

    La loi morale ne force pas, ne contraint pas elle oblige, elle implique donc notre libre consentement.

    C’est en ce sens que le devoir est un impératif catégorique car il formule un commandement auquel la volonté se soumet pour être moralement bonne. L’impératif catégorique ordonne de façon absolue tandis que l’impératif hypothétique ordonne sous conditions (il édicte des conseils de prudence).

    Donc l’action par devoir suppose l’accomplissement d’un acte dont la maxime peut-être considérer sans contradiction comme une loi universelle et non l’accomplir que par respect pour cette loi.

    Agir par devoir c’est être autonome ne pas dépendre des désirs des impulsions naturelles.

    Au contraire l’être hétéronome désigne l’individu soumis à un passage ou asservi à une contrainte extérieure qui lui imposée.

    Par opposition « l’autonomie de la volonté est le principe unique de toute les lois morales qui sont conformes » (Kant)

    L’homme doté d’une volonté libre peut se constituer comme sujet responsable. Comme l’affirmait Rousseau « c’est ôté toute moralité à ces actions que d’ôter toute liberté à sa volonté »

    <o:p> </o:p>

    2)  Les deux niveaux de liberté selon Descartes<o:p></o:p>

    La volonté humaine est infinie selon Descartes elle est la trace de Dieu tandis que l’entendement est fini.

    À la suite des stoïciens, Descartes considère que l’Homme maitrise toutes ses pensées ces désirs, ses passions, il est de responsable de ses erreurs. La liberté se définit comme l’absence de contrainte. La liberté s’éprouve se ressent dans une expérience intérieure immédiate. La liberté d’indifférence constitue le plus bas degré de la liberté car elle est le fruit de la pensée obscure.

    La liberté éclairée par la connaissance du bien et du mal.

    Il y a deux de se situer au plus haut degré de la liberté : « prendre le parti où nous voyons le plus de bien » soit « prendre le parti contraire [c’est-à-dire] suivre le pire tout en voyant le meilleur »

    <o:p> </o:p>

    3)  La liberté comme conscience de notre responsabilité radicale : Sartre<o:p></o:p>

    Puisque le monde est absurde c’est à l’homme de lui donner un sens ou en se servant de sa conscience (pour soi). L’homme consistue un projet de la naissance à la mort. Il est toujours libre de choisir sa réaction par rapport à des circonstances extérieures. Sartre affirme de façon paradoxale : « jamais nous avons été plus libre que sous l’occupation allemande » car la critique de l’Homme sous l’occupation allemande ne permet que deux choix : collaborer ou résister. On peut parler d’une liberté en situation dans le sens où elle s’actualise dans le sens d’une expérience concrète. De plus le rapport à autrui s’avère conflictuel.

    Il faut toujours persévérer l’intérêt particulier en essayant de le concilier avec l’intérêt général.

    <o:p> </o:p>

    B) Liberté et politique<o:p></o:p>

    1)  La critique platonicienne de la tyrannie<o:p></o:p>

    Le tyran est critiqué par Platon car il est soumis et il gouverne par ses caprices immédiats sans tenir compte de l’intérêt commun. Le tyran n’hésite pas de faire usage de la violence, de la démagogie, de la rhétorique pour conserver le pouvoir. Or le véritable gouvernement n’est point fait pour chercher de son propre intérêt mais celui du sujet gouverné.

    Platon décrit la décadence qui peut conduire du gouvernement le plus juste (aristocratie) au gouvernement le plus injuste (la tyrannie).

    Il décrit cinq stades dans cette décadence :

    Aristocratie

    Meilleur gouvernement fondé sur les philosophes rois

    Timocratie

    Gouvernement fondé sur la volonté, le courage, l’honneur, la discipline

    Oligarchie

    Gouvernement fondé sur l’amour de la richesse et de l’honneur

    Démocratie

    Gouvernement où le peuple peut être développé par le pouvoir de l’incompétence

    Tyrannie

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    2)  Liberté naturelle et liberté civile : la nécessité du contrat social (Rousseau)<o:p></o:p>

    Pour Rousseau il est nécessaire de conclure un pacte pour sceller des contractants en une volonté générale. Le rôle du corps politique c’est de contraindre l’Homme politique à la volonté générale c’est-à-dire agir comme citoyen. L’homme seulement qui est soumis à une œuvre particulière est soumis à ses passions.

    Seule la volonté générale est politique et public permet de limiter en droit la liberté civile. De plus la volonté générale est ce qui fixe une borne au pouvoir souverain. La volonté générale a un rôle régulateur ; elle est l’expérience du pouvoir législatif limitant l’exécutif.

    Comme l’affirmait Montesquieu « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir »

    Le pouvoir législatif est chargé d’élaborer les lois.

    Le pouvoir exécutif ou gouvernement est chargé de veille à l’exécution de la loi et à l’administration de l’état.

    Le pouvoir judiciaire est chargé de rendre la justice.

    La séparation entre ces trois pouvoirs permet d’éviter le despotisme qui représente selon Montesquieu le mal absolu.

    Pour Montesquieu la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

    <o:p> </o:p>

    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    Les contraintes sociales et morales constitutive de toute société, bien loin d’être une entrave à la liberté, sont plutôt une ressource au sens où on peut les comprendre comme ce dont la liberté se nourrit. Par conséquent la liberté n’est pas un donné immédiat mais quelque chose à construire, à mériter et à cultiver (cf. lutte contre l’esclavage, revalorisation des droits de l’Homme …)


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  • Séquence 11 – La morale<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    On peut rapprocher la morale de l’éthique au sens où elle désigne une théorie philosophique concernant le bien et le mal.

    On peut distinguer la morale de l’éthique. La morale est un système de valeurs imposées de l’extérieur et éventuellement ressentie de l’arbitraire donnant des règles applicables à la vie courante.

    L’éthique serait plutôt le produit d’une réflexion rationnelle activement prise en charge par l’individu.

    La question morale recoupe la question des finalités de l’activité humaine.

    <o:p> </o:p>

    Morale et bonheur peuvent-ils être liés. Quel est le rapport entre le bonheur et la vertu ? Entre le bonheur et le devoir ? Et pour le devoir, le bonheur constitue-t-il un obstacle ou une chance ?

    On peut aussi distingué la morale de l’esthétique.

    La politique étudie le bien, en réfléchissant aux institutions qui structurent la vie collective. La morale en reste seulement au niveau du sujet ou de la relation entre les sujets.

    <o:p> </o:p>

    On peut poser la question suivante : peut-il y avoir une morale de l’immoralité ? Et une antimorale n’est-elle pas à son tour une morale ?

    <o:p> </o:p>

    I)            La morale et le devoir<o:p></o:p>

    En tant que règle de conduite universellement valable, la morale peut être considérée comme l’horizon naturel de la notion de devoir.

    « Faire son devoir »  c’est se constituer être sujet moral

    <o:p> </o:p>

    A) Devoir, vertu et bonheur<o:p></o:p>

    Pour Aristote, la vertu est subordonnée au bonheur.

    La vertu suppose la connaissance du monde de ses lois ainsi que la connaissance de nous même.

    Dans la cité c’est la législation qui comporte une fonction éducative. Elle vise à produire à l’homme vertueux par l’intériorisation des bonnes habitudes.

    Aristote définit une éthique concrète de la juste mesure, de la médiété. Il définit la vertu « une disposition un juste milieu relatif à nous, lequel est déterminé par la droite règle et tel que le déterminerait l’homme prudent »

    L’homme prudent c’est l’homme capable de discerner le bien du mal, il agit toujours en vue du meilleur. La prudence est une forme de sagesse pratique.

    La moralité est de l’ordre de la raison, la passion et des mœurs. De plus Aristote rapproche la notion de vertu de la notion d’opportunité.

    De plus la vertu peut-être comprise comme la référence à une norme objectivable.

    On peut considérer chaque vertu comme un milieu entre deux vices et à savoir l’excès, le manque.

    <o:p> </o:p>

    B) Morale déontologique et morale téléologique<o:p></o:p>

    La morale téléologique est celle qui nous fait agir en fonction d’une fin à maximiser.

    Pour Bentham et Mill le critère fondamental des valeurs est l’utilité d’où une arithmétique des plaisirs.

    « La doctrine qui donne comme fondement à la morale l’utilité ou le principe du plus grand bonheur affirme que les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroitre la bonheur, ou à produire le contraire du bonheur »

    Mill s’oppose à une conception ascétique et à une conception kantienne déontologique du christianisme selon laquelle la vertu est à elle-même sa propre fin.

    La morale téléogique considère que nos actes ne doivent pas être jugé en eux-mêmes mais en fonction de la valeur de leurs effets pour la finalité visée.

    La célèbre formule de Machiavel « la fin justifie les moyens » prends sens dans ce cadre utilitariste plus précisément la responsabilité du prince qui doit garder le pouvoir.

    <o:p> </o:p>

    Le prince peut-être conduit à sacrifier sa conscience morale pour apprendre à faire le mal plutôt que le bien si ce moyen se révèle plus efficace en vue de la fin dont la nécessité s’impose à lui.

    « un prince, et surtout un prince nouveau, ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes sont tenus pour bon, étant souvent contraints pour maintenir l’état d’agir contre la foi, contre la charité, contre l’humanité, contre la religion »

    Chez Machiavel morale et politique sont deux domaines distincts.

    Machiavel désacralise le fait politique en le ramenant à une instance profane. La politique constitue une instance humaine et non plus politique.

    L’état est réduit à des mécanismes de conquêtes et de constitution du pouvoir.

    La virtu du prince consiste à maintenir un ordre social stable tout on s’adaptant aux circonstances.

    La virtu constitue un art de gouverner (au sens de technique).

    Le prince doit toujours agir en faisant correspondre son propre intérêt à l’intérêt commun.

    Dans cette conception faire son devoir c’est aussi d’en penser par de mauvais moyen au nom d’une bonne fin.

    Par opposition à la morale téléologique, la morale déontologique se fonde sur ce qu’il convient de faire il critique l’idée d’un calcul.

    « Une action accomplie par devenir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle mais de la maxime d’après laquelle elle est décidé »

    <o:p> </o:p>

    C)  L’éthique de conviction, l’éthique de responsabilité (cf. Weber)<o:p></o:p>

    Il distingue ces deux types d’éthiques.

    Ce qu’il nomme l’éthique de responsabilité concerne les savants tandis que l’éthique de conviction est celle qui doit qualifier l’action politique.

    L’éthique de responsabilité est aussi une éthique de l’efficacité, la raison est liée au savoir et au pouvoir.

    L’éthique de conviction est d’influence kantienne elle s’appuie sur la notion de devoir et de loi morale.

    Comme l’affirmer Kant « je dois toujours me conduire de tel sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne une loi universelle »

    La théorie kantienne de la morale réfute / critique tous les mobiles empiriques plaisir de bonheur de la moralité pour n’admettre que un motif, un sentiment moral : le respect

    « Ce sentiment est exclusivement produit par la raison » le respect s’adresse à la personne et non à la chose, cependant le devoir peut prendre un caractère pénible et s’accompagner d’un sentiment désagréable.

    C’est la conscience morale qui permet de définir le devoir.

    Or cette morale qui est censé faire notre bonheur n’est elle pas aliénante.

    <o:p> </o:p>

    II)         La généalogie de la morale (cf. Nietzsche) <o:p></o:p>

    A) Le devoir comme convention hypocrite<o:p></o:p>

    Le devoir n’est qu’une vengeance déguisé c’est en ce sens qu’il est hypocrite, amoral « le dernier domaine conquit par l’esprit de justice est celui du ressentiment »

    Le devoir ne donne voix qu’à ce qu’il y a de plus bas en l’homme, à savoir le désir d’être cruel hypocritiquement sous le manque du devoir, le devoir n’est que l’appréhension de ce qu’il y a de plus vivant en nous c’est-à-dire la volonté de puissance.

    La volonté de puissance est l’acte de se surmonter soi-même

    <o:p> </o:p>

    B) Morales des faibles et morales des forts<o:p></o:p>

    La morale des faibles n’est qu’une morale du ressentiment c’est une morale exogène dans le sens où elle trouve sa source hors des individus.

    C’est une morale de réaction fondée sur le refoulement de la volonté de puissance.

    La morale des forts est une morale aristocratique, endogène car elle procède directement de l’individu du plus profane de lui-même de son essence, à savoir la forme conquérante prise par la volonté de puissance, elle s’exprime dans le déploiement direct de l’action d’où l’idéal du surhumain qui est libre d’esprit et de cœur.

    Nietzche nous invite au subjectivisme des valeurs il s’oppose à toutes philosophie classique, rien n’est bon ou mauvais en soi c’est au surhumain de déterminer ces propres valeurs.

    « Je vous enseigne le surhumain, l’homme est quelque chose qui doit être surmonter […] l’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhumain une corde par dessus l’abime.<o:p></o:p>

    Or il nous faut reconnaître qu’il existe en dehors de nous des valeurs objectives que nous devons reconnaître »

    <o:p> </o:p>

    III)      La morale, la religion, la société<o:p></o:p>

    A) Morale statique et dynamique<o:p></o:p>

    La morale statique corresponde à la société close dans laquelle l’obligation représente la pression que la société exerce sur l’individu aux moyens d’un système d’habitude. C’est une morale infrarationnel car elle s’impose à l’individu avant toute réflexion rationnel. Par opposition la morale dynamique à la société ouverte qui se caractérise par l’élan vital. Cette morale ouverte est une invention morale avec comme exemple : les saints, les héros. C’est une morale suprarationnelle car elle est lié à la mystique et permet de se transcender.

    <o:p> </o:p>

    B) l’éloge de la démocratie<o:p></o:p>

    La démocratie représente la politique « la plus éloignée de la nature la seule qui transcende en intention au moins les conditions de la société close »

    La démocratie apparaît d’essence évangélique et a pour moteur l’amour. Or on peut aussi mettre en lumière des violences et des fluctuations de l’histoire c’st pourquoi il est nécessaire d’apporter « un supplément d’âme » pour contrecarrer les effets néfastes du progrès techniques.

    <o:p> </o:p>

    IV)      Conclusion<o:p></o:p>

    Malgré la critique nietzschéenne, la morale présente un caractère nécessaire dans la mesure où elle permet d’assurer la cohésion sociale et l’harmonie au sein d’une communauté d’hommes libres. De plus la morale évolue à travers l’histoire corrélativement au progrès de la société, de la technique et de la religion.


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  • Séquence 10 – la raison, la démonstration et la vérité<o:p></o:p>

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    La démonstration est un raisonnement permettant de déduire une conclusion à partir d’hypothèse de départ. On peut dire que la démonstration (absolue et objective) s’oppose à la croyance (relative et subjective) car elle se fonde sur des principes qui permettent de la justifier. La démonstration permet de convaincre car elle s’adresse à la raison. On peut s’interroger sur le statut de la démonstration. Les hypothèses qui lui servent de base sont elles des vérités ou bien simplement des postulats qu’on demande d’admettre pour les besoins de la démonstration.

    Plus généralement la logique est fondée sur la théorisation de l’esprit. Elle élabore et contrôle la cohérence des énoncés. La logique est la science de la validité des inférences (déduction/ induction entre les idées). La logique est liée aux sciences mathématiques. Les mathématiques disent-elles quelque chose du réel, c’est-à-dire traite-t-elle de ce qui est donnée, concret ou ne sont-elles qu’une construction abstraite de l’esprit. En tout cas les mathématiques apparaissent comme un modèle de méthode au double sens de ce terme c’est-à-dire comme cheminement sur la vérité. Elle renvoie aussi à l’ensemble des règles et de procédés qui garantissent la validité et la fécondité de ce cheminement.

    Autrement dit la méthode est-elle immanent ou transcendante à la logique ?

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    I)            Le lien entre la raison, les mathématiques et la méthode<o:p></o:p>

    A) L’inspiration mathématique et la méthode<o:p></o:p>

    Descartes a développé dès le collège le jugement critique, il examine en particulier le rôle des mathématiques qui présente des démonstrations irréfutables et une certitude authentique.

    « Je me plaisais surtout aux mathématique à cause de la certitude et de l’évidence de leur raison »

    Les mathématiques prouvent l’efficacité de la raison du monde qui est la mieux partagée. Descartes affirme que : « toutes les sciences [ne sont] rien d’autres que la sagesse humaine qui reste toujours une et la même quelque soit la diversité des sujets auxquels on l’applique »i<o:p></o:p>

    Ce qui intéresse Descartes dans les mathématiques c’est la méthode qu’elles mettent en œuvre.<o:p></o:p>

    « Entre toutes les sciences connes, l’arithmétique et la géométrie sont les seules exemptes de fausseté ou d’incertitude »

    Il fait l’éloge aussi de la musique ou de l’astronomie. Ces quatre disciplines ne sont que des applications particulières en général qui les rend possible qui est la « mathesis universalis ». Il la définit comme une science de l’ordre et de la mesure. La mesure c’est l’opération par laquelle on détermine la valeur d’une grandeur par rapport à une grandeur constante de même espèce appelée unité. Par suite la méthode qui permet «  de ne jamais supposer vrai ce qui est faux et de parvenir à la connaissance » de tout ce dont on sera capable réside dans le bon usage de l’intuition et de la déduction. Descartes privilégie l’intuition intellectuelle comme mode d’accès immédiat à la vérité. L’intuition est « la conception ferme d’un esprit pur et attentif » permettant d’accéder à la clarté et à la distinction de l’idée c’est-à-dire aux sentiments d’évidence. L’esprit pur c’est l’esprit qui a écarté l’influence trompeuse de l’organe des sens et de l’imagination.

    L’imagination est la faculté de nous représenter les choses de façon sensibles. Elle peut aider dans les mathématiques dans la représentation des figures géométriques.

    Néanmoins l’imagination manifeste sa faiblesse dans le domaine métaphysique.

    « Seul, certes, l’entendement est capable de percevoir la vérité, toutefois il doit être aidé par l’imagination, les sens et la mémoire »

    Les organes des sens ont une utilité dans la vie quotidienne : il ne nous renseigne pas sur la nature des choses mais seulement sur l’utilité ou la nocivité des choses pour nous. À partir de l’intuition Descartes défini la déduction comme une intuition continue. La déduction repose sur ka mémoire c’est-à-dire sur le souvenir du « mouvement continu » et ininterrompu de la pensée qui conduit du premier anneau au dernier anneau de la chaine déductive.

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    B) Les quatre règles de la méthode<o:p></o:p>

    Descartes s’est appuyé sur la logique, l’algèbre et la géométrie qui lui donne l’exemple et la déduction rigoureuse

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    a)  la règle de l’évidence<o:p></o:p>

    « Le premier [précepte] était de ne recevoir jamais aucune chose que je ne la connusse évidemment être telle » Pour parvenir à l’évidence il faut écarter le danger à savoir la précipitation. La précipitation se manifeste lorsque la volonté impatiente affirme la vérité d’une idée que l’entendement n’a pas pris la peine d’examiner suffisamment. « La prévention désigne les préjugés que l’Homme doit combattre » Le sentiment d’évidence se traduit par la résistance au doute. La vérité c’est l’indubitable.

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    b)  la règle de l’analyse<o:p></o:p>

    « Le second [précepte] était de diviser chacune des difficultés que j’examinerais en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre » Cette règle a pour objectif de nous mettre en présence des idées premières c’est-à-dire des natures simples qui seront appréhender intuitivement et dont dépendent toutes les autres idées.

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    c)   la règle de la synthèse<o:p></o:p>

    « Le troisième [précepte était] de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples, […] pour monter peu à peu, comme par degrés jusqu’à la connaissance des plus composés » Il s’agit de l’ordre dans le mouvement de l’esprit qui déplace ses raisons c’est donc un ordre que la pensée impose au monde et non par qu’elle tire du monde.

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    d)  la règle de l’énumération ou des dénombrements<o:p></o:p>

    « Faire part du dénombrement si entiers, et des neuves si générale que je fusse ennuyé de ne rien omettre ». Cette règle a pour objet de rendre manifeste le lien entre les idées en exerçant son jugement critique.<o:p></o:p>

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    C)  La méthode est l’art d’inventer (cf. Leibniz)<o:p></o:p>

    Leibniz fait une large place à l’invention dans le domaine mathématique et critique les « beaux préceptes » cartésiens comme trop abstrait. Leibniz définit dans sa méthode un fil d’Ariane c’est-à-dire un moyen « sensible et grossier » pour éviter que l’esprit ne s’égare dans des impasses. Comme le montre Pascal il faut reconnaître donc la place de l’imagination dans l’invention. L’imagination est « cette partie dominante dans l’Homme, cette maitresse d’erreur et de fausseté est d’autant plus forte qu’elle n l’est pas toujours ». Elle est « cette superbe puissance, ennemie de la raison qui […] a établi dans l’homme une seconde nature ». On peut penser une alliance fructueuse entre ces deux puissances opposées que sont l’imagination et la raison. Il est parfois nécessaire d’allier esprit et géométrie, déductif et analytique et démonstratif, à l’esprit de finesse, connaissance, intuitive, ce tact qui nous fait tout d’un coup voir la chose d’un seul regard et non par progrès de raisonnement.

    « Le génie a développé ces deux types d’esprit »

    Pour Blanchet l’intuition sensible concrète et l’intuition intellectuelle abstraite constitue les limites auquel s’heurtent les axiomatiques. L’axiomatique désigne un système formel fondé sur un ensemble de proposition et de termes premiers à partir desquelles on peut définir et démontré tous les termes.

    Le modèle de pensée est la rigueur démonstrative logique.

    On peut aussi considérer les maths comme un art est un instrument de création et d’action sur le réel.

    En tout les cas les maths ne sont pas purement logiques car l’activité des mathématiques ne peut se réduire à démontrer ou à réfuter des propositions.

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    II)         La raison et la logique<o:p></o:p>

    A) La logique comme ensemble des lois du raisonnement<o:p></o:p>

    La logique s’est constituée en Grèce ancienne à partir du 4° siècle avant JC. Les mathématiciens s’attache surtout à le preuve alors que les philosophes ont entrepris l’analyse des procédures du raisonnement dans de l’argumentation (réfutation sophistiques).

    Aristote défini des principes rationnels logique évident universel et nécessaire :

    - le principe d’identité è égalité à elle même. Elle a deux dérivées

    • Le principe de non-contradiction : une chose ne peut pas être à la fois être ou ne pas être (fondateur de la logique) « il est impossible que le même attribut appartiennent et n’appartiennent pas en même temps au même sujet et sous le même rapport »
    • Le principe de tiers-exclu : « une proposition est soit vraie soit fausse, tout autre alternative (comme de n’être ni vraie ni fausse) étant exclu » Une chose est ou n’est pas une même chose

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    - le syllogisme è on peut définir le syllogisme comme un type de déduction médiate et formelle telle que deux prémices posées, on en tire un troisième appelé conclusion qui y est logiquement impliquée.

    (A) tout Homme (moyen terme) est mortel (grand terme) è prémices majeure

    (B) tout Socrate (petit terme) est un Homme (moyen terme) è prémices mineure

    (C) tout Socrate (petit terme) est mortel (grand terme) è conclusion

    <o:p> </o:p>

    Ce raisonnement est valide et vrai.

    Le sophisme est un raisonnement apparemment valide mais faux (invention ingénieuse).

    Le paralogisme à la différence du sophisme est un raisonnement faux mais auquel on se laisse prendre soi-même.

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    Pour Blanche, il ne suffit donc pas qu’un raisonnement soit valide pour qu’il soit vrai (vérité matérielle)

    « La vérité et la fausseté ne peuvent convenir qu’aux propositions non à la manière de les organisés »

    Aristote déjà énoncé les conditions d’une pensée valide et vrai.

    « Si toute plante à large feuilles, perd ses feuilles [A, prémices majeure] et si toute vigne a de large feuille [B, prémices mineure] alors toute vigne pers ses feuilles [C, conclusion] »

    Aristote énonce le prototype de la pensée syllogistique « si a (A) est affirme de tout b (B) et b (B) de tout c (C) alors a (A) est affirmé de tout c (C) »

    Or cette logique séparatrice manichéenne ou dichotomise a été critiquée par des philosophes modernes.

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    B) Une autre conception de la logique : la logique moderne<o:p></o:p>

    a)  La logique comme « art de penser »<o:p></o:p>

    « La logique est l’art de bien conduire sa raison dans la connaissance des choses tant pour s’en instruire soi-même, que par en instruire les autres »

    La logique n’est plus une science théorique recherchant à quelle condition un jugement est vrai mais une technique à valeur didactique nous instruisant des moyens d’atteindre la vérité. Cette logique est d’inspiration cartésienne puisqu’elle est l’art de raisonner avec méthode, elle suppose aussi une forme d’introspection sur nos opérations mentales concevoir, juger, raisonner et ordonner.

    Cette logique n’est plus considérer de manière abstraire et fonctionnelle. Néanmoins il s’agir toujours d’une logique séparatrice reposant sur la distinction du vrai et du faux. Or cette logique peut être dépassé par la logique symbolique.

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    b)  La logique symbolique moderne<o:p></o:p>

    Elle est indépendante de la philosophie. Elle n’est plus dichotomiste/manichéenne car elle n’admet pas seulement le vrai du faux mais inclus d’autres valeurs. C’est une pensée holistique (de tout).

    En particulier, Hegel a développé la logique dialectique. Il définit la logique comme la science de la pensée pure.

    Il a défini la logique dialectique en rejetant le principe de non contradiction d’Aristote et le principe de tiers-exclu.

    Avec Hegel la pensée logique épouse les contradictions du réel c’est pourquoi la pensée ne v plus de la pensée à la pensée mais de la thèse à l’antithèse et la synthèse par contradiction surmontée.

    L’opposition dialectique de l’être (la thèse) et du non-être (l’antithèse) engendre le devenir (la synthèse).

    La logique a aussi son application concrète dans les sciences (sciences de la nature)

    Marx développe son matérialisme historique en analysant la dialectique des rapports sociaux de production.

    Pour Marx c’est la lutte des classes entre exploitants et exploités qui constitue le moteur de l’histoire et de l’évolution sociale.

    La dialectique intègre dans son processus la dictature du prolétariat qui est la transition nécessaire vers une société sans classe tel est l’idéal communiste prôné par Marx et Engels. Le communisme suppose l’abolition de la propriété privée et la fin de l’aliénation économique.

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    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    La logique bien loin d’être statique et immuable est bien plutôt dynamique et mouvant elle évolue donc corrélativement au progrès des sciences historiques, des idées et de la société c’est pourquoi Bergson en appelle à l’avènement des sociétés ouvertes permettant à l’humanité de se transcender et de ne pas être conformés dans des principes dogmatiques. C’est pourquoi le chercheur doit exercer constamment son esprit critique en soumettant ses théories à l’épreuve du doute.


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  • Séquence 9<o:p></o:p>

    Le vivant<o:p></o:p>

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    Du latin vivus : vivant/animé

    Du grec bios : vie/manière de vivre et de se comporter

    Du grec zoon : animal

    Du grec zoé : vie/ phénomène de vie

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    On peut définir le vivant comme l’ensemble des êtres qui ont entre eux en vertu de l’organisation particulière de leur éléments, un principe de croissance, lié à des échanges avec le milieu extérieur et susceptibles de se reproduire.

    On peut opposer le vivant à la matière inerte.

    Selon Bichat : « la vie est l’ensemble des fonctions qui résisté à la mort »

    Par suite comment se fait le passage de la matière inerte à la matière vivante. Faut-il avoir recours à une tendance inerte à la matière ou bien à un principe extérieur à celle ci qui lui insuffle à la vie. En outre comment comprendre le mécanisme de sélection naturelle des organisations de la matière. Enfin quel est le mécanisme de l’évolution des espèces.

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    I)            Les modèles d’intelligibilité du vivant (différent de normatif)<o:p></o:p>

    A) Le modèle mécaniste<o:p></o:p>

    Selon le mécanisme il est possible de rendre raison des caractères du vivant à partir des seules propriétés de la matière inerte (les processus physico-chimiques)

    Pour expliquer le fonctionnement du vivant le mécanisme a recours au déterminisme et à la causalité efficiente que seul reconnaissent la physique et la chimie.

    Le principe du déterminisme universel a été énoncé par Laplace.

    Selon ce principe : il est possible de connaître avec certitude le futur.

    Descartes considère le vivant comme un mécanisme que l’on peut étudier à partir du modèle de la machine.

    Descartes ramène la matière, le corps et la vie à la res extensa et il explique tout ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée par la notion de mouvement de l’étendue.

    Descartes étudie le vivant par analogie avec l’horloge « il n’y a pas plus de différences entre ce qui est vivant et ce qui est mort qu’entre une montre ou un autre automate […] lorsqu’elle est montée et qu’elle a en soi le principe corporel des mouvements pour lesquelles elle est instituée (et) la même montre ou autre machine lorsqu’elle est rompue et que le principe de son mouvement cesse d’agir »

    Descartes défini sa théorie de l’animal machine.

    Don l’animal est comparable à une machine et il est dépourvu de raison et de parole, ils communiquent par signaux.

    La théorie cartésienne mécaniste a une influence dans le domaine de l’embryologie. En effet l’usage de microscope qui s ‘est répandu pendant la seconde moitié du XVII° siècle a permis l’observation de germe du vivant c’est-à-dire des êtres vivants au premier stade de leur développement.

    De plus la structure intime est cachée des êtres vivants ou a été confirmée par les techniques de dissections.

    Or Leibniz a manifesté son opposition au mécanisme cartésien en développant son vitalisme, et son dynamisme.

    Leibniz considère que l’univers est formé de monades qui sont des substances simples des atomes de la nature, des réalités spirituelles dynamiques.

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    B) Le modèle finaliste et vitaliste <o:p></o:p>

    Pour le vitalisme les êtres vivants ne sont pas réductibles à de simples phénomènes physico-chimiques mais son produit par une force vitale qui organise la matière.

    Le vitalisme a recours au finalisme qui explique le vivant en affirmant qui contient à l’origine une anticipation de ce qu’il sera. Aristote montrait déjà que les êtres vivants ont un but. « Nous entendons par vie le fait de se nourrir, de croitre et de dépérir par soi-même »

    On doit aussi à Aristote les premiers traités de zoologie, il dresse une classification des animaux, il les classe en fonction de leurs ressemblances et de leurs différences en fonction de leurs actions et de leur mode de vie.

    À l’échelle de l’organe, le finalisme signifie que c’est un projet ou un ensemble de projet ou un ensemble de projet qui en rend raison.

    Jacob s’accorde à reconnaître une certaine direction dans l’évolution « reconnaître la finalité des systèmes vivants c’est-à-dire qu’on ne peut plus faire de biologie sans référer constamment au projet des organismes au « sens » que donne leur existence même si leur structure et à leur fonction […] décrire un système vivant, c’est se référer aussi bien à la logique de son organisation qu’à celle de son évolution »

    Les activités de différents qui constituent un être vivant sont coordonnées entre elles et orientés : on peut parler de croissance grâce à l’assimilation déterminée par le système lui même et à la reproduction. De plus les systèmes vivants ont la spécificité de régler eux-mêmes leur développement et de se reproduire.

    Par suite on peut définir le vivant par ce que Jacques Monod appelle sa téléonomie : c’est la régulation finalisé de toutes les fonctions les êtres vivants sont conçus comme des structure autonomes. Au concept de téléonomie Monod associe le concept de « morphogénèse autonome ».

    C’est un engendrement progressif de forme au sens ou le corps s’épanoui de lui-même. Il parle aussi de reproduction invariante ou invariance reproductrice. C’est le pouvoir de reproduire et transmettre l’information de la propre structure des êtres vivants. Il analyse la continuité des espèces par la transmission de la même formule génétique.

    Toute la recherche biologique se trouve marqué par la recherche des caractères distinctifs génétiques généraux d’un être vivant.

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    C)  L'auto-évolution du vivant<o:p></o:p>

    Le vivant doit se déterminer de l’intérieur plutôt que de l’extérieur en effet un être vivant n’est jamais réductible à un ensemble de structure juxtaposée de l’extérieur, l’organisme forme une totalité au sens ou chaque partie entretient des rapports avec toutes les autres.

    Le vivant constitue un être organisée :  « un produit organisée de la nature est un produit où tout est fin et moyen réciproquement »

    Dans la lignée kantienne l’organisme peut-être défini comme un système d’organe de réciprocité circulaire. Ils sont déterminés par leur action de telle sorte que l’organisme constitue un système de force. Auguste Comte est le fondateur du positivisme il défini l’organisme par le consensus de fonction « en association régulière et permanente avec l’ensemble des autres »

    Barthez est le fondateur de la théorie vitaliste « la conservation de la vie est attaché au sympathie des organes, ainsi qu’à l’organisme de leur fonction […] je désigne par ce mot de synergie un concours d’action simultanée ou successives des forces de divers organes »

    Claude Bernard a défini l’organisme comme « une société de cellules ou d’organisme élémentaires à la fois autonome et subordonnée »

    Le milieu intérieur c’est la somme des conductions physiques et chimiques cellulaires. Il emploie le terme d’élasticité « l’organisme est une machine organique c’est-à-dire douée d’un mécanisme flexible élastique, à cause des procédés spéciaux organiques qui sont là mis en usage, sans déroger cependant aux lois générales de la mécanique, de la physique et de la chimie »

    La cybernétique est la théorie générale des opérations contrôlées dans les systèmes vivants comparés à des machines, des ordinateurs.

    Le système nerveux fait l’objet de la théorie de la cybernétique. Dans ce cadre, Henri Atlan a développé la théorie de l’information dans les sciences de la vie et de la terre.

    C’est un concept biologique de bruit : le bruit désigne toutes les perturbations aléatoire du milieu qui affecte le système vivant. Ce sont des systèmes auto-organisateurs qui utilisent pour évoluer le bruit.

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    De plus on peut se demander jusqu’où peut aller la biologie contemporaine.

    N’y a-t-il pas des limites à la recherche cette question est d’ordre pratique au sens kantien

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    II)         La manipulation du vivant en question<o:p></o:p>

    A) Biologie et éthique<o:p></o:p>

    La biologie pose des questions éthiques du fait des progrès frénétiques exponentiels dans la connaissance du vivant et dans les techniques de manipulation du vivant.

    La biotechnologie désigne l’ensemble des techniques dont le point d’application est la cellule animale ou végétale. Il s’agit d’une part de ce qui relève et qui vise le contrôle du patrimoine génétique d’organisme vivant en y insérant des gènes étrangers ou modifiés (recombinaison génétique). Il s’agit d’autres part des techniques de procréation médicalement assisté qui sont des applications sur l’être humain de procédés de conservation et de manipulation des cellules. Ils apportent à la médecine une application nouvelle. Néanmoins il y a un danger dans cette utilisation en neurobiologie : l’éthique de la recherche biomédicale fait appel à la responsabilité du médecin dans le traitement des psychoses et des neurones.

    Les chercheurs doivent s’appuyer sur les principes éthiques énoncés par Kant.

    La personne doit rester une fin en soi, elle a une valeur absolue.

    L’action doit toujours avoir une valeur universelle elle sollicite notre raison et notre conscience morale.

    Kant formule le principe morale suivant : « agis de telle sorte que tu traites l’humanité dans ta personne et dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen. »

    La personne a une valeur incommensurable, la dignité humaine n’a pas de prix : « ce qui a un prix peut être aussi bien remplacé par quelque autre chose à titre d’équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par la suite n’admet pas d’équivalent c’est ce qui a une dignité. »

    Dans la bioéthique les comités nationaux d’éthique ont une importance capitale, son pouvoir est consultatif.

    1er principe : - respect de la personne

    2eme principe : - respect de la limite de la connaissance

    3eme principe : - le refus du lucratif

    4eme principe : - la responsabilité du chercheur

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    B) Que devient l’Homme dans la recherche biomédicale (cf. clonage)<o:p></o:p>

    En 1997, la naissance de la brebis Dolly est le premier clone mammifère. Le clonage présente des limites dans le respect de la biodiversité et de la personnalité. Au sens l’aptitude juridique est l’aptitude juridique à être titulaire actif et passif de droit. L’embryon a une personnalité en puissance.

    La personnalité est façonnée par l’éducation l’environnement. Il s’agit de respecter l’intégrité de la personne sur le plan psychique.

    Le débat concernant le clonage touche à la condition humaine et au droit à la différence et à l’altérité. Axel Kahn dans son ouvrage fait un plaidoyer pour le droit à la différence.

    « La prise de pouvoir du corps est aussi un ajustement de l’être. Tout indique que l’altérité biologique engendrée par la loterie de la procréation constitue un terreau favorable par l’épanouissement de l’altérité de la personne. Attenter à cette base biologique de l’altérité est ainsi une atteinte aux droits de l’enfant, et donc une atteinte aux droits de l’Homme est un crime »

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    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    De nombreuses restent à faire juridiquement et politiquement dans le domaine du vivant qui demeure un objet d’investigation complexe pour le chercheur. L’agir du chercheur doit être guidé par un principe de précaution pour éviter de mettre en péril l’avenir de l’humanité sur Terre.

    On peut ainsi considérer la biodiversité du vivant comme un patrimoine à sauvegarder. De plus il faut interdire toute manipulation de l’Homme sur l’Homme qui porterai atteinte au droit inaliénable sacré de la personne c’est-à-dire à son respect et se dignité.


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