• L.A L’illusion comique Corneille Acte III Scène 6

    L’illusion comique

    Acte III Scène 6  
    Corneille<o:p></o:p>

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    I)             Introduction<o:p></o:p>

    1)  Situation<o:p></o:p>

    A)   Les contextes<o:p></o:p>

    a)    Historique et politique<o:p></o:p>

    Nous sommes pendant la seconde moitié du XVII° siècle, sous le « roi soleil » et la monarchie absolue de droit divin de Louis XIV où le règne est long. C’est une période de grandeur et de gloire en alternance avec des situations difficiles (taxes) qui peuvent affaiblir le royaume. Le symbole de Versailles domine.<o:p></o:p>

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    b)    Social et culturel<o:p></o:p>

    C’est une société inégalitaire : d’une part les nobles et le clergé et d’autres part le peuple (artisans et paysans). La vie culturelle existe dans les grandes villes à travers les salons, la vie de château et les cafés. La vie à la cour est le carrefour des idées qui sont mis en avant par les beaux esprits. Il y a une floraison dans les différents domaines (classicisme).<o:p></o:p>

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    c)     Littéraire<o:p></o:p>

    Le classicisme est un mouvement du XVII° siècle dont les chefs de file sont Racine, Boileau, Molière et La fontaine. Il est caractérisé par le thème de la centralisation autour du roi Louis XIV, de la mesure, la bienséance et des valeurs morales. Le classicisme suit des règles (règles des trois unités), les auteurs veulent imiter les latins et grecs qui sont des modèles universels de clarté et de raison. Pourquoi la morale est omniprésente ? Dans différentes cultures on a souvent eu la même vision de l’artiste dans trois périodes :<o:p></o:p>

    -        V° siècle avant JC (Périclès et Athènes)<o:p></o:p>

    -        I° siècle après JC (Rome et Auguste 1er empereur)<o:p></o:p>

    -        XVII° siècle (Louis XIV)<o:p></o:p>

    L’artiste n’est pas là seulement pour créer quelque chose de divertissant ou de beau, il doit chercher à travers son œuvre l’universalité et l’éternité (intéresse n’importe qui et n’importe quand et traite de thèmes universels et utilise une langue sobre, claire et pure ; l’auteur s’efface de son œuvre) Les règles permettent la perfection de l’œuvre et donc la grandeur de l’Homme crée l’humanisme et s’élève par la pensée et la parole. Le seul grand thème éternel et universel est la morale au niveau de l’Homme (étymologie de morale è mos, moris = règle, loi, coutume). Tous les écrivains du XVII sont des moralistes (d’argumentation directe ou indirecte è morale sur la société, humaniste ou sur l’honnête homme)<o:p></o:p>

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    B)   Biographie de l’auteur <o:p></o:p>

    Pierre Corneille, poète et dramaturge français né à Rouen le 06 juin 1606 et décédé à Paris le 1er octobre 1684.

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    Fils de la haute bourgeoisie de robe, Pierre Corneille fait de brillantes études chez les Jésuites et exerce la charge d'avocat général à la table de marbre du Palais pendant vingt ans. Il se fait d'abord connaître et apprécier grâce à ses comédies telles Mélite en 1628. Il est ensuite remarqué par Richelieu qui lui verse une pension. Cette association s'achève avec Le cid qui vaut à Corneille la gloire nationale et inaugure une série de chefs-d'œuvre. Si Corneille a été plus tard délaissé au profit de son rival Racine, et qu'il mourut dans l'indifférence et le plus grand dénuement, il est aujourd'hui considéré comme le fondateur du théâtre classique français. Ses œuvres au style oratoire et limpide rassemblent des personnages héroïques exceptionnels confrontés à des situations tout aussi exceptionnelles. C'est parce que Corneille croyait en la responsabilité de l'homme que ses personnages ne sont jamais submergés par la passion mais guidés par leur raison.

    C)   L’œuvre<o:p></o:p>

    Année 1635 è quand Corneille écrit  cette pièce, juste avant « Le Ciel » qui lui approuvera la gloire totale.

    Ce n’est pas sa 1ère pièce, elle est un succès.

    Corneille, dramaturge tragique est en fait au début de sa vie un comique.

    Il écrira plus de 20 pièces après L’illusion comique.

    Il est dans l’écriture de la tragicomédie è plait énormément, et cette pièce est le meilleur exemple du genre dans le théâtre français.

    Le Cid : moitié tragi-comédie moitié classique è pièce charnière.

    Titre : « illusion » renvoie à toute la théorie du mouvement baroque.

    « Comique » différent de drôle, plaisant ; ici originel è théâtral (comos en grec è masque de théâtre).

    L’illusion comique est une pièce argumentative (pièce à thèse).

    La structure de cette pièce est complexe car corneille veut montrer la capacité extraordinaire du théâtre avec la perfection de l’illusion

    Mais elle est aussi complexe à cause de la structure de la pièce et de l’emboitement à trois niveaux de cette pièce

    Nous avons ici à faire à une tragicomédie : c’est un pièce qui mélange les genres, les pièces è proche de l’esthétique baroque. La pièce est marquée par la fantaisie et par les choix des personnages.

    Cependant le discours est brillant, très dynamique : on jongle avec les mots (un personnage est beau parleur). De plus la poésie est présente avec le merveilleux et Alcandre ou encore l’épique et matamore è le mélange de registres est une des particularités et des richesses de cette pièce.

    Ce n’est pas une pièce classique, elle est comparable à un monstre à cause de la diversité du théâtre qui fait l’éloge des possibilités théâtrale et du mélange des genres

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    D)   L’extrait<o:p></o:p>

    C’est un passage intéressant car c’est un monologue ; c’est une tolérance dans le théâtre classique car il n’y a pas de vraisemblance. C’est la base même du théâtre classique, il y a plus de monologue dans le baroque car il livre ses secrets même les personnages secondaires comme lyse qui est la servante d’isabelle mais elle a le comportement d’un personnage important, complexe. Elle a l’esprit, la personnalité et l’âme d’une demoiselle et elle aime Clindor mais elle a la colère de celle qui n’est pas reconnu dans son amour. C’est une œuvre baroque qui brouille les codes. Le monologue est marqué par la fierté, l’orgueil et parle comme une haute dame de la tragédie. Le tragique et le pathétique élève son statut social. Cette pièce est originale, étonnante, surprenante. Corneille veut faire explorer sa création : le personnage qui n’est pas dans son personnage marque un manque de vraisemblance, ce monologue est un monologue déterminant en plein milieu de la pièce, la colère et la haine l’emporte. Mais elle va gérer un retournement capital pour l’intrigue. Elle sauvera Clindor et sauvera le couple Clindor/Isabelle è héroïsme et tragédie.

    Elle se développe en gardant sa complicité et fait triompher le bien.

    2)  La lecture<o:p></o:p>

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    3)  Intérêt général du texte<o:p></o:p>

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    4)  Problématique / plan<o:p></o:p>

    - Le champ lexical de la malhonnêteté pour traduire un monologue dramatique

    - Un monologue problématique : comique ou tragique

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    II)          Écriture <o:p></o:p>

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    I.              Le champ lexical de la malhonnêteté pour traduire un monologue dramatique<o:p></o:p>

    A)   Une menace inquiétante<o:p></o:p>

    Lise passe par trois phases qui structurent son monologue :

    - l’indignation vengeresse que provoque en elle le cynisme de Clindor

    - les circonstances atténuantes que son amour accorde malgré tout à son volage soupirant

    - un regain d’orgueil qui la fait revenir à sa décision première de se venger

    Le monologue s’achève ainsi sur une menace qui, même si elle demeure imprécise, accroit l’intérêt dramatique

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    B)   Un monologue-conversation<o:p></o:p>

    Par définition, un monologue laisse entendre une seule voix. Mais si Lise parle seule, il lui arrive de s’adresser à des interlocuteurs, absents ou imaginaires, de sorte que son monologue prend parfois l’aspect d’une fausse conversation.

    Bien qu’il ne soit plus sur scène, Lise interpelle Clindor à plusieurs reprises, comme l’indique le recours au mode impératif. Elle le tutoie même, comme s’il était encore présent.

    Cette pseudo-conversation donne un tour animé et violent aux réflexions et propos de Lise.

     

    II.           L’orgueil blessé de Lise<o:p></o:p>

    A)   La nature de ses reproches à Clindor<o:p></o:p>

    Lise est plus orgueilleuse que jalouse. Ce qui l’indigne n’est pas en effet que Clindor veuille épouser Isabelle, mais qu’il soit déloyal et qu’il s’amuse sans scrupules ni remords de toutes deux. Aussi le champ lexical de la malhonnêteté est-il omniprésent : elle le traite le tour à tour d’ingrat, de perfide et lui reproche de ne songer qu’à tromper.

    Lise condamne les faux-semblants dans lesquels se complait Clindor : il contrefait l’amant, il cherche trop en définitive à ménager ses intérêts. Lise en vient même à se ranger du coté d’Isabelle, dont elle est pourtant la rivale, car Clindor se moque de toutes deux. Ce que Lise reproche à Clindor, c’est injurieuse duplicité.

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    B)   Le refus du mépris<o:p></o:p>

    Aussi les excuses que Lise accorde à Clindor ne sont-elles que passagères. Même si elle révèlent chez la jeune femme une lucidité amère quant aux mœurs de son époque, qui privilégie l’argent au détriment de la passion, elles ne résistent pas à un sursaut de fierté.

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    III.         Un monologue problématique : comique ou tragique<o:p></o:p>

    A)   Un monologue qui conviendrait à une tragédie<o:p></o:p>

    Ce monologue emprunte beaucoup au registre tragique. Par son thème d’abord : celui de la vengeance. Par son niveau de langue ensuite car ce sont des termes et des expressions qu’il n’est pas rare de trouver dans un tragédie. Lise s’exprime noblement. La forme délibérative renvoie enfin traditionnellement au registre tragique.

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    B)   Mais qui soulève une question dans une comédie<o:p></o:p>

    Le statut de la pièce autant que celui de Lise rendent d’autant plus étonnante la présence d’un tel monologue. L’illusion comique est en effet une comédie et Lise n’est qu’une servante. Or le XVII° siècle ne prisait guère le mélange des genres, des fonctions et des conditions. Lise s’exprime comme le ferait une femme bafouée de la noblesse.

    Corneille reconnaitra plus tard qu’elle semble s’élever un peu trop au-dessus du caractère de servante. C’est admettre que sa pièce se soucie peu des règles et des conventions. Comme il le dira lui-même à propos de son texte, c’est un étrange monstre en totale liberté.

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    III)        Conclusion<o:p></o:p>

    L’intérêt de ce monologue est donc triple : en faisant planer une menace sur Clindor, il relance l’action ; en dévoilant les motivations profondes de Lise, il révèle un caractères féminin énergique et fier, essentiel pour la suite ; en insérant un registre tragique dans une comédie, il s’invite à s’interroger sur les catégories esthétiques


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