• La culture

    Séquence 3<o:p></o:p>

    Séquence 3:

    La culture<o:p></o:p>

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    La culture est une notion dont le sens a évolué à travers l’histoire. Dans l’antiquité romaine la culture (du latin cultura) se présentait sous un double visage :

    - la culture comme travail de la terre è l’agriculture.

    - la culture comme travail de l’esprit è l’éducation.

    Les philosophes grecs employaient le terme païdeia, c’est la culture sous forme encyclopédie, une formation qui émane progressive.

    Aujourd’hui on peut distinguer deux sens principaux :

    - la culture désigne les œuvres de l’esprit, voire un certain savoir susceptible d’orienté l’action, en ce sens l’Homme est en mesure d’exercer sa culture, son jugement critique.

    - la culture désigne la civilisation dans son ensemble, c’est un sens sociologique du terme, est un ensemble des connaissances, techniques et traditions caractérisant une société donnée.

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    En allemand, la Kultur désigne ce qui est singulier, ce qui est originaire du pays è c’est un aspect particulier renvoie à l’esprit d’un peuple.

    La Bildung désigne l’idée formatrice, l’éducation personnelle qui suppose la lutte contre les préjugés et la superstition, l’élévation de la raison et de la rationalité è elle a une valeur universelle.

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    À partir de cette distinction, doit-on opposer les cultures et la culture ?

    De plus peut-on justifier l’opposition entre nature et culture c’est un enjeu humaniste ?

    Enfin est-ce le modèle naturel ou le modèle culturel qui est le plus éclairant, significatif qui défini l’Homme ?

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    I)            La culture, l’Homme et son rapport au monde<o:p></o:p>

    A) La culture comme ouverture de l’esprit<o:p></o:p>

    Au sens spirituel la culture est une forme d’élévation de travail de l’âme : se cultiver c’est prendre son esprit pour un sol fertile pour y faire germer des idées. La philosophie a un rôle majeur dans ce processus du développement des idées.

    Cicéron a dit : « la culture de l’âme, c’est la philosophie : c’est elle qui extirpe radicalement les vices, met les âmes en état de recevoir les semences, leur confie et, pour ainsi dire, sème ce qui, une fois dupé, jettera la plus abondante des récoltes » (les tusculanes)

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    B) La culture comme ouverture sur l’autre (autrui)<o:p></o:p>

    Le mot « autre » présente une ambiguïté : alter (alter ego) et alius (alienus è étranger).

    La culture suppose un regard ouvert sur l’autre qu’il soit d’un autre temps ou d’un autre continent.

    La culture entend combattre l’ethnocentrisme.

    Montaigne déplore que « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » (essais).

    L’ethnocentrisme est une néologie formée à partir du grec ethnos (race) et de kentron (centre) et c’est « le refus d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit » (Lévi-Strauss – le racisme devant la science)

    L’ouvrage de Lévi-Strauss est un essai, un manifeste, un plaidoyer contre le racisme.

    Il montre les dangers de l’ethnocentrisme car il s’agit d’une attitude qui bafoue le droit à la différence et qui rejette la diversité culturelle du côté de la barbarie.

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    C)  La norme culturelle<o:p></o:p>

    C’est par la culture que l’Homme conquiert son humanité en dépassant la nature, en surmontant son simple statut biologique et se distingue de l’animal.

    Parce qu’il est doté de conscience, de raison et de parole, l’Homme peut dépasser le simple stade de l’animalité et se constitué comme sujet moral, autonome, libre, gouverné par sa raison, sa volonté.

    Kant dit : « produire dans un être raisonnable cette aptitude générale aux fins qui lui plaisent (donc en sa liberté) c’est la culture » (critique du jugement / critique de la faculté de juger).

    Les fins sont les finalités, les buts poser par la raison visant le devoir être.

    La liberté renvoie à l’autonomie (autos è soi-même et nomos è loi à c’est à dire qui se régit par sa propre loi, la loi morale)

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    La culture se présente comme une norme ; elle est le nom de l’activité par laquelle l’Homme se donne des finalités raisonnables.

    La culture permet aussi à l’Homme de transcender la nature, de la dépasser en développant des techniques d’agricultures pour assurer la survie.

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    Comme l’affirmer Descartes : « par la technique, l’Homme se rend comme maître et possesseur de la nature » (discours de la méthode)

    Kant lui aussi considère la culture comme une « fin » de la nature.

    Kant soutient une thèse finaliste en affirmant à la suite d’Aristote que « la nature ne fait rien en vain » si la nature n’a pas doté l’Homme de sa survie en se servant de ses mains et de son influence. Donc pour le travail l’Homme développe un sentiment de fierté, de dignité que Kant appelle « l’estime raisonnable de soi »

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    II)         Y a-t-il une nature humaine ?<o:p></o:p>

    L’enjeu de cette question renvoie à la question de l’humanisme. La nature humaine désigne dans la philosophie antique et classique ce qui serai présent en tout Homme commun à tous les Hommes (universel) si l’on fait abstraction des déterminations contingentes (notions différentes de nécessaire).

    En philosophie l’humanisme est la doctrine qui considère l’Homme comme valeur suprême et source des valeurs (subjectivisme des valeurs). Pour Sartre en particulier : il y a un sens de l’humanisme qui signifie au fond ceci : « l’Homme est constamment hors de lui-même […] c’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister […] c’est ce que nous appelons l’humanisme existentialisme »

    Sartre ici défend une forme d’humanisme existentialiste athé, il se rapproche de Heidegger en définissant l’Homme comme « jeté au monde, déréliction ». Donc l’Homme se constitue comme projet par sa conscience.

    Ainsi pour Sartre « il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour le concevoir »

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    A) « Le génie de l’équivoque » (Merleau-Ponty)<o:p></o:p>

    Cet auteur évoque « un génie de l’équivoque » dans Phénoménologie de la perception et « une sorte d’échappement » comme définition possible de l’Homme pour montrer que l’Homme ne laisse pas fixer dans une identité préétabli, il est toujours « au delà de lui-même ». De plus on ne peut séparer en l’Homme se qui relève de la nature d’une part et de la culture d’autre car l’Homme est un mixte de nature et de culture.

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    B) La prohibition de l’inceste : l’articulation du naturel et du culturel (Lévi-Strauss)<o:p></o:p>

    Pour Lévi-Strauss la nature et la culture constituent deux ordres marqués par la continuité.

    Il analyse en particulier comment la prohibition de l’inceste articule ces deux ordres « elle constitue la démarche fondamentale grâce à laquelle, par laquelle mais surtout en laquelle, s’accomplit le passage de la nature à la culture. »<o:p></o:p>

    La prohibition de l’inceste constitue à la fois un fait naturel et une règle universelle (culturelle) à visée normative (rôle de la raison).

    De plus selon Lévi-Strauss ouvre le cycle d’échange en fondant l’exogamie c’est-à-dire en obligeant les individus à se marier avec quelqu’un d’extérieur au clan, à la caste…

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    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    On peut dire que l’opposition nature-culture n’a qu’une valeur méthodologique et qu’elle peut devenir dangereuse dès qu’elle prend une valeur normative idéale.

    L’humanisme philosophique ne se comprend peut être qu’au prix d’un dépassement de cette opposition. C’est pourquoi Heidegger affirme dans sa lettre sur l’Humanisme que nous ne sommes pas « sur la bonne voie pour découvrir l’essence de l’Homme » tant que nous le considérons comme un vivant parmi d’autres.

    Le propre de l’Homme pour Heidegger réside dans sa capacité à se poser la question de l’être (l’ontologie è du grec ontos [être] et logos [étude]).

    L’Homme est bien plus qu’un « animal rationnel » comme le pensait Aristote ou un animal métaphysique comme le pensait Schopenhauer.

    Le désir mène l’Homme à sa perte, il est condamné au cercle vicieux du désir.

    Le bonheur permet l’accès au nirvana (extinction de la flamme)


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