• La matière et l'esprit

    Séquence 8<o:p></o:p>

    La matière et l’esprit<o:p></o:p>

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    La matière est ce que l’on perçoit (de materia, mater : mère, souche des arbres / de hylé : tronc de l’arbre, le bois, la charpente, matière première)<o:p></o:p>

    La matière première est indéterminé et se caractérise par sa qualité tactique, tangible et plastique.<o:p></o:p>

    La matière renvoie à tout ce que l’on peut percevoir hors de nous et qui agit sur nos sens. Au sens scientifique la matière relative constitutive des corps. La substance dont ils sont faits.<o:p></o:p>

    L’esprit au sens métaphysique renvoie à la faculté de penser à la chose pensante, à la chair. Il peut renvoyer à l’intelligence dans la psychologie.<o:p></o:p>

    La matière et l’esprit s’oppose et se complète pour former l’ensemble du réel. Si la matière et l’esprit désignent deux genres de la réalité s’oppose-t-il vraiment comme le concret s’oppose à l’abstrait (position dualiste)<o:p></o:p>

    Ne faut-il pas plutôt considérer la prépondérance de l’esprit sur la matière et concevoir cette dernière comme un aspect de l’esprit idéaliste. Dans une perspective moniste (un seul) ne peut-on pas réduire la matière à l’esprit (spiritualisme). Autrement dit, y a-t-il consubstantialité, unicité de la matière et de l’esprit<o:p></o:p>

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    I)            Matière et forme<o:p></o:p>

    A) La substance et l’accident<o:p></o:p>

    La substance vient de substancia : être essence<o:p></o:p>

    C’est une réalité permanente qui sert de support (ou de substrat) aux qualités d’attribut ou d’accident.<o:p></o:p>

    La substance renvoie en métaphysique à ce qui est conçu par soi et non par autre chose.<o:p></o:p>

    Ça peut être la définition d’une chose.<o:p></o:p>

    L’accident est le participe présent de accidere : ce qui arrive, ce qui survient.<o:p></o:p>

    D’un point de vue métaphysique c’est ce qui existe non en soi même mais en une autre chose.<o:p></o:p>

    Il désigne aussi ce qui peut être modifié ou supprimé sans que la chose elle même ne disparaisse.<o:p></o:p>

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    a)  L’hylémorphisme<o:p></o:p>

    Selon Aristote, le cosmos géocentrique comprend le monde supralunaire et le monde sublunaire. Aristote ne discrédite pas comme Platon le monde supralunaire et il cherche à définir les catégories de l’évolution du vivant.<o:p></o:p>

    De plus tout être relevant du cosmos peut s’expliquer par les deux principes corrélatifs que sont la matière et la forme.<o:p></o:p>

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    b)  La théorie des quatre causes<o:p></o:p>

    Aristote étudie dans la physique les causes de changements dans la nature et les causes le permettant.<o:p></o:p>

    La cause matérielle : ce dont une chose est faite (la statue d’Apollon faite en bronze)<o:p></o:p>

    La cause formelle : c’est la forme immanente à la chose ou la figure représenté (Apollon)<o:p></o:p>

    La cause efficiente : c’est le moteur de la transformation (le sculpteur grec Phidias)<o:p></o:p>

    La cause finale : le but visée, la raison d’être de la chose (représenter la beauté)<o:p></o:p>

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    B) La puissance et l’acte<o:p></o:p>

    Matière et forme s’oppose comme la puissance à l’acte (totalement achevé)<o:p></o:p>

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    a)  La matière n’est saisissable que par comparaison (Aristote)<o:p></o:p>

    Aristote utilise l’induction comme structure du jugement pour se représenter la matière. Il va analyser la matière comme constituant de base de toute chose.<o:p></o:p>

    « Ce que l’airain est à la statue ou le bois au lit telle est la matière par rapport à la réalité physique »<o:p></o:p>

    « La matière c’est le support, j’appelle matière le substrat premier de chaque chose à partir duquel elle provient et qu’il lui reste immanent »<o:p></o:p>

    La matière est inconnaissable par elle-même elle est toujours analysée dans son rapport à la forme.<o:p></o:p>

    La forme c’est pour la statue la figure représentée, la détermination essentielle.<o:p></o:p>

    La forme permet de définir l’essence déterminée de la chose.<o:p></o:p>

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    b)  L’âme est l’acte du corps<o:p></o:p>

    « L’âme est la forme d’un corps naturel ayant la vie en puissance » Aristote<o:p></o:p>

    L’âme est dite la forme du corps<o:p></o:p>

    « L’âme est  la forme ou l’acte du corps dont c’est la nature de pouvoir vivre »<o:p></o:p>

    Il distingue trois types d’âme :<o:p></o:p>

    - l’âme végétative (propre aux végétaux et permet la nutrition, croissance, reproduction)<o:p></o:p>

    - l’âme sensitive et motrice (propre aux animaux, à l’homme)<o:p></o:p>

    - l’âme intellectuelle et raisonnable (propre à l’Homme seulement permet la réflexion, introspection)<o:p></o:p>

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    La philosophie scolastique, médiévale définit la matière comme indifférencié et inconnaissable par elle-même.<o:p></o:p>

    Depuis Aristote la matière est conçue comme un principe passif, négatif, quantitatif en opposition à la forme actif, positif, qualitatif<o:p></o:p>

    Or ne faut-il pas considérer la supériorité de la matière sur l’esprit dans une perspective matérialiste.<o:p></o:p>

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    II)         Matérialisme, idéalisme, spiritualisme<o:p></o:p>

    A) Le matérialisme<o:p></o:p>

    Au sens philosophique, le matérialisme renvoie à une attitude qui se caractérise par le recours exclusif à la notion de matière pour expliquer la totalité des phénomènes du monde physique et moral.<o:p></o:p>

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    a)  L’atomisme antique : le sensualisme épicurien<o:p></o:p>

    Le matérialisme est apparu chez les penseurs présocratiques.<o:p></o:p>

    Pour Démocrite « la matière est constitué d’une multitude de petit corps invisible, indivisible et éternel » (les atomes viennent du grec atomos : qu’on ne peut pas diviser)<o:p></o:p>

    Épicure a analysé les corps composés d’atomes c’est une partie du corps « l’âme est un corps composé de particules subtiles, qui est disséminé dans tout l’agrégat constituant notre corps et qui ressemble de plus à un souffle mêlé de chaleur »<o:p></o:p>

    Les dieux vivent dans les intermondes, ils n’interférent pas dans al vie des Hommes.<o:p></o:p>

    Les atomes chutent de façon légèrement oblique, c’est la théorie du clynamen, elle permet de réconcilier la notion de déterminisme et de hasard (contingente). <o:p></o:p>

    Les épicuriens s’opposent aux stoïciens qui pensaient qu’il était régit par le déterminisme absolu.<o:p></o:p>

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    b)  Le mécanisme : la nature est l’univers régi par des lois<o:p></o:p>

    La révolution mécaniste se situe dans le premier tiers du XVII° siècle. Descartes précise l’enjeu de cette philosophie pratique qui se rend maitre et possesseur de la nature par la connaissance de l’étendue et des lois du mouvement.<o:p></o:p>

    Descartes montre l’impuissance des sens.<o:p></o:p>

    C’est l’entendement ou raison qui permet de connaître l’essence de la matière « sa perception […] n’est point une vision et un attachement ni une imagination […] mais seulement une inspection de l’esprit »<o:p></o:p>

    La cire est considérée comme res extensa car on ne peut pas définir l’essence de la matière.<o:p></o:p>

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    B) L’idéalisme<o:p></o:p>

    L’idéalisme s’oppose au matérialisme.<o:p></o:p>

    Il va concevoir que tout est esprit ou que tout dépend de l’esprit.<o:p></o:p>

    Chez Platon, un lit matériel trouve son origine dans l’Idée du lit, et tout le monde sensible dépend du monde intelligible et du démiurge qui met la matière en ordre. Il représente un dualisme idéaliste : deux principes existent (la matière et l’esprit) mais c’est l’esprit qui domine la matière qui est le principe premier. Cette conception suppose de dédoubler la réalité et de chercher derrière les apparences sensibles du monde matériel, la vérité idéale.<o:p></o:p>

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    a)  La théorie de la vision en Dieu et de l’occasionalisme : Malebranche<o:p></o:p>

    Malebranche a été influencé par Saint Augustin. C’est en Dieu lui-même que nous pouvons apercevoir les idées intelligibles donc nous connaissons de façons claires et distinctes les choses matérielles par une vue directe de l’essence de Dieu.<o:p></o:p>

    La raison qui éclaire l’Homme est la sagesse de Dieu même. C’est par l’attention que nous accédons à la vérité intérieure.<o:p></o:p>

    De plus Dieu est considéré comme la cause efficiente ou efficace de tous les phénomènes se produisant dans la nature<o:p></o:p>

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    b)  L’immatérialisme : la théorie de Berkeley<o:p></o:p>

    La doctrine immatérialiste « c’est celle qui nie la matière et l’existence absolue des choses corporelles »<o:p></o:p>

    Il critique le scepticisme, l’athéisme et le matérialisme. La matière ne peut exister indépendamment de l’esprit. L’être des choses sensibles ne réside que dans l’être perçu « être c’est être perçu »<o:p></o:p>

    Dieu est le siège de toutes les idées omniscientes, c’est l’esprit infini, omniprésent qui perçoit toute chose. Les éléments qui composent notre univers n’ont aucune existence en dehors de l’idée que nous en avons. Il est impossible d’abstraire, d’isoler les idées en faisant abstraction des sensations.<o:p></o:p>

    Berkeley prône un monisme idéaliste puisque toute réalité est spirituelle.<o:p></o:p>

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    C)  Le spiritualisme<o:p></o:p>

    Le spiritualisme qualifie toute doctrine qui reconnaît à la fois l’autonomie et la supériorité de l’esprit. Bergson soutient une sorte de positivisme spiritualiste.<o:p></o:p>

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    a)    Matière et vie : la théorie de « l’élan vitale » de Bergson<o:p></o:p>

    La matière n’est qu’une apparence inerte car elle est traversée par un élan vitale, une essence psychique.<o:p></o:p>

    De plus l’élan vital permet une impulsion originelle de création qui invente des formes de complexité croissante pour finir chez l’animal en instinct et chez l’Homme en intuition.<o:p></o:p>

    L’intelligence est statique, elle est faite pour la technique, la création d’outils. Elle permet la représentation mentale du temps.<o:p></o:p>

    Pour Bergson l’intelligence est « la faculté de fabriquer des objets articuler et en particulier des outils à faire des outils »<o:p></o:p>

    Par opposition à l’intelligence l’intuition métaphysique est la sympathie par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un objet pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable.<o:p></o:p>

    La matière c’est de l’esprit retombé inversé : « la physique est simplement du psychique inverti »<o:p></o:p>

    L’origine de la matière c’est la vie comme pur élan de conscience. Bergson soutient un vitalisme spiritualiste.<o:p></o:p>

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    b)  Matière et énergie : Einstein et Infeld<o:p></o:p>

    La matière en physique désigne tout ce qui occupe un certain volume et possède des propriétés de gravité et d’inertie. La matière est l’un des quatre concepts prédéfinis de la physique avec l’énergie, l’espace et le temps.<o:p></o:p>

    En physique classique la matière et l’énergie étaient considérées comme deux phénomènes indépendants. Cependant la théorie de la relativité d’Einstein a permis de regrouper ces deux concepts par la relation d’égalité e = mc2<o:p></o:p>

    De plus la physique quantique a également bouleverser notre conception de la matière pour un observateur toute particule n’est que l’expression d’un champ occupant tout l’univers. Ainsi la matière a son stade ultime de particule élémentaire peut être considéré comme une perturbation de l’espace-temps.<o:p></o:p>

    À ce niveau de description la matière est réduite à un ensemble de chiffres déterminant son interaction avec l’univers qui l’entoure (masse, charge électrique…) <o:p></o:p>

    Pour Kant la matière n’est qu’une idée de la raison qui permet d’avoir une vision ordonnée et cohérente du monde, elle atteste le besoin d’une approche métaphysique des choses au-delà des sciences.<o:p></o:p>

    Selon Kant, on ne connaît pas la matière en soi mais sous des formes particulières ou par ses manifestations objectives (lois physiques ou chimiques).<o:p></o:p>

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    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    La matière est un concept fuyant du domaine dynamique du relatif et du mouvant. Avec la physique quantique la matière ne se définit plus comme un fait permanent mais comme un événement qui se manifeste.<o:p></o:p>

    D’après Monnoyer « la matière n’existe plus en tant que telle, mais dans le contexte de ces propriétés ». Par conséquent les deux concepts clés pour penser la matière sont ceux de champ et d’énergie. La matière est un réservoir d’énergie qui se manifeste dans un espace qui est lui même un champ d’énergie. La matière n’est plus une chose, mais elle est le résultat d’un processus d’échange d’énergie.<o:p></o:p>


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