• La morale

    Séquence 11 – La morale<o:p></o:p>

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    On peut rapprocher la morale de l’éthique au sens où elle désigne une théorie philosophique concernant le bien et le mal.

    On peut distinguer la morale de l’éthique. La morale est un système de valeurs imposées de l’extérieur et éventuellement ressentie de l’arbitraire donnant des règles applicables à la vie courante.

    L’éthique serait plutôt le produit d’une réflexion rationnelle activement prise en charge par l’individu.

    La question morale recoupe la question des finalités de l’activité humaine.

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    Morale et bonheur peuvent-ils être liés. Quel est le rapport entre le bonheur et la vertu ? Entre le bonheur et le devoir ? Et pour le devoir, le bonheur constitue-t-il un obstacle ou une chance ?

    On peut aussi distingué la morale de l’esthétique.

    La politique étudie le bien, en réfléchissant aux institutions qui structurent la vie collective. La morale en reste seulement au niveau du sujet ou de la relation entre les sujets.

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    On peut poser la question suivante : peut-il y avoir une morale de l’immoralité ? Et une antimorale n’est-elle pas à son tour une morale ?

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    I)            La morale et le devoir<o:p></o:p>

    En tant que règle de conduite universellement valable, la morale peut être considérée comme l’horizon naturel de la notion de devoir.

    « Faire son devoir »  c’est se constituer être sujet moral

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    A) Devoir, vertu et bonheur<o:p></o:p>

    Pour Aristote, la vertu est subordonnée au bonheur.

    La vertu suppose la connaissance du monde de ses lois ainsi que la connaissance de nous même.

    Dans la cité c’est la législation qui comporte une fonction éducative. Elle vise à produire à l’homme vertueux par l’intériorisation des bonnes habitudes.

    Aristote définit une éthique concrète de la juste mesure, de la médiété. Il définit la vertu « une disposition un juste milieu relatif à nous, lequel est déterminé par la droite règle et tel que le déterminerait l’homme prudent »

    L’homme prudent c’est l’homme capable de discerner le bien du mal, il agit toujours en vue du meilleur. La prudence est une forme de sagesse pratique.

    La moralité est de l’ordre de la raison, la passion et des mœurs. De plus Aristote rapproche la notion de vertu de la notion d’opportunité.

    De plus la vertu peut-être comprise comme la référence à une norme objectivable.

    On peut considérer chaque vertu comme un milieu entre deux vices et à savoir l’excès, le manque.

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    B) Morale déontologique et morale téléologique<o:p></o:p>

    La morale téléologique est celle qui nous fait agir en fonction d’une fin à maximiser.

    Pour Bentham et Mill le critère fondamental des valeurs est l’utilité d’où une arithmétique des plaisirs.

    « La doctrine qui donne comme fondement à la morale l’utilité ou le principe du plus grand bonheur affirme que les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroitre la bonheur, ou à produire le contraire du bonheur »

    Mill s’oppose à une conception ascétique et à une conception kantienne déontologique du christianisme selon laquelle la vertu est à elle-même sa propre fin.

    La morale téléogique considère que nos actes ne doivent pas être jugé en eux-mêmes mais en fonction de la valeur de leurs effets pour la finalité visée.

    La célèbre formule de Machiavel « la fin justifie les moyens » prends sens dans ce cadre utilitariste plus précisément la responsabilité du prince qui doit garder le pouvoir.

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    Le prince peut-être conduit à sacrifier sa conscience morale pour apprendre à faire le mal plutôt que le bien si ce moyen se révèle plus efficace en vue de la fin dont la nécessité s’impose à lui.

    « un prince, et surtout un prince nouveau, ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes sont tenus pour bon, étant souvent contraints pour maintenir l’état d’agir contre la foi, contre la charité, contre l’humanité, contre la religion »

    Chez Machiavel morale et politique sont deux domaines distincts.

    Machiavel désacralise le fait politique en le ramenant à une instance profane. La politique constitue une instance humaine et non plus politique.

    L’état est réduit à des mécanismes de conquêtes et de constitution du pouvoir.

    La virtu du prince consiste à maintenir un ordre social stable tout on s’adaptant aux circonstances.

    La virtu constitue un art de gouverner (au sens de technique).

    Le prince doit toujours agir en faisant correspondre son propre intérêt à l’intérêt commun.

    Dans cette conception faire son devoir c’est aussi d’en penser par de mauvais moyen au nom d’une bonne fin.

    Par opposition à la morale téléologique, la morale déontologique se fonde sur ce qu’il convient de faire il critique l’idée d’un calcul.

    « Une action accomplie par devenir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle mais de la maxime d’après laquelle elle est décidé »

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    C)  L’éthique de conviction, l’éthique de responsabilité (cf. Weber)<o:p></o:p>

    Il distingue ces deux types d’éthiques.

    Ce qu’il nomme l’éthique de responsabilité concerne les savants tandis que l’éthique de conviction est celle qui doit qualifier l’action politique.

    L’éthique de responsabilité est aussi une éthique de l’efficacité, la raison est liée au savoir et au pouvoir.

    L’éthique de conviction est d’influence kantienne elle s’appuie sur la notion de devoir et de loi morale.

    Comme l’affirmer Kant « je dois toujours me conduire de tel sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne une loi universelle »

    La théorie kantienne de la morale réfute / critique tous les mobiles empiriques plaisir de bonheur de la moralité pour n’admettre que un motif, un sentiment moral : le respect

    « Ce sentiment est exclusivement produit par la raison » le respect s’adresse à la personne et non à la chose, cependant le devoir peut prendre un caractère pénible et s’accompagner d’un sentiment désagréable.

    C’est la conscience morale qui permet de définir le devoir.

    Or cette morale qui est censé faire notre bonheur n’est elle pas aliénante.

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    II)         La généalogie de la morale (cf. Nietzsche) <o:p></o:p>

    A) Le devoir comme convention hypocrite<o:p></o:p>

    Le devoir n’est qu’une vengeance déguisé c’est en ce sens qu’il est hypocrite, amoral « le dernier domaine conquit par l’esprit de justice est celui du ressentiment »

    Le devoir ne donne voix qu’à ce qu’il y a de plus bas en l’homme, à savoir le désir d’être cruel hypocritiquement sous le manque du devoir, le devoir n’est que l’appréhension de ce qu’il y a de plus vivant en nous c’est-à-dire la volonté de puissance.

    La volonté de puissance est l’acte de se surmonter soi-même

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    B) Morales des faibles et morales des forts<o:p></o:p>

    La morale des faibles n’est qu’une morale du ressentiment c’est une morale exogène dans le sens où elle trouve sa source hors des individus.

    C’est une morale de réaction fondée sur le refoulement de la volonté de puissance.

    La morale des forts est une morale aristocratique, endogène car elle procède directement de l’individu du plus profane de lui-même de son essence, à savoir la forme conquérante prise par la volonté de puissance, elle s’exprime dans le déploiement direct de l’action d’où l’idéal du surhumain qui est libre d’esprit et de cœur.

    Nietzche nous invite au subjectivisme des valeurs il s’oppose à toutes philosophie classique, rien n’est bon ou mauvais en soi c’est au surhumain de déterminer ces propres valeurs.

    « Je vous enseigne le surhumain, l’homme est quelque chose qui doit être surmonter […] l’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhumain une corde par dessus l’abime.<o:p></o:p>

    Or il nous faut reconnaître qu’il existe en dehors de nous des valeurs objectives que nous devons reconnaître »

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    III)      La morale, la religion, la société<o:p></o:p>

    A) Morale statique et dynamique<o:p></o:p>

    La morale statique corresponde à la société close dans laquelle l’obligation représente la pression que la société exerce sur l’individu aux moyens d’un système d’habitude. C’est une morale infrarationnel car elle s’impose à l’individu avant toute réflexion rationnel. Par opposition la morale dynamique à la société ouverte qui se caractérise par l’élan vital. Cette morale ouverte est une invention morale avec comme exemple : les saints, les héros. C’est une morale suprarationnelle car elle est lié à la mystique et permet de se transcender.

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    B) l’éloge de la démocratie<o:p></o:p>

    La démocratie représente la politique « la plus éloignée de la nature la seule qui transcende en intention au moins les conditions de la société close »

    La démocratie apparaît d’essence évangélique et a pour moteur l’amour. Or on peut aussi mettre en lumière des violences et des fluctuations de l’histoire c’st pourquoi il est nécessaire d’apporter « un supplément d’âme » pour contrecarrer les effets néfastes du progrès techniques.

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    IV)      Conclusion<o:p></o:p>

    Malgré la critique nietzschéenne, la morale présente un caractère nécessaire dans la mesure où elle permet d’assurer la cohésion sociale et l’harmonie au sein d’une communauté d’hommes libres. De plus la morale évolue à travers l’histoire corrélativement au progrès de la société, de la technique et de la religion.


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