• La raison et le réel

    Séquence 7<o:p></o:p>

    La raison et le réel<o:p></o:p>

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    La raison vient du latin ratio (calcul, compte) et du grec logos (étude)<o:p></o:p>

    L’opinion vient du latin opinio (croyance) et du grec doxo (opinion commune)<o:p></o:p>

    La vérité vient du latin veritas et du grec aletbeia (dévoilement, la levée du voile)<o:p></o:p>

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    La vérité s’oppose à l’erreur (représentation non adéquate de l’objet)<o:p></o:p>

    La vérité s’oppose au mensonge (domaine moral)<o:p></o:p>

    La vérité s’oppose à l’illusion [vient de illudere se moquer de] (point de vue existentialiste)<o:p></o:p>

    C’est seulement à partir du XIX° siècle avec Nietzsche que l’illusion acquiert une fonction positive, vitale, de même Freud.<o:p></o:p>

    En outre, on peut affirmer que les choses sont en elle même ni vraie ni fausse. Ce sont les idées que nous avons des choses et les jugements que nous fermons sur elle qui sont vrais ou faux.<o:p></o:p>

    Et si la vérité est l’œuvre du jugement et donc de la raison peut-on dire que l’opinion ne joue aucun rôle dans la recherche de la vérité.<o:p></o:p>

    On pourra se demander si la recherche de la vérité et de la connaissance suppose nécessairement un rejet de l’opinion ou bien si elle peut d’une certaine manière tirer profit de l’opinion en la dépassant c’est à dire en la considérant comme un premier degré de connaissance. Autrement dit l’opinion constitue-t-elle pour la connaissance un obstacle ou un moyen.<o:p></o:p>

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    I)            La raison et l’opinion<o:p></o:p>

    1)  Le préjugé, l’opinion et le jugement<o:p></o:p>

    Le préjugé renvoi au degré le plus bas de la rationalité car il ne sollicite pas la conscience.<o:p></o:p>

    Il y a un danger du préjugé qui peut être source de violence, de passivité, d’hétéronomie (contraire d’autonomie)<o:p></o:p>

    - l’opinion est un degré un peu plus élevé car elle suppose une réflexion empirique qui ont une utilité concrète mais elle a quelques faiblesses pour le domaine épistémologique et scientifique car elle a une valeur relative particulière et contingente par opposition à la science qui est universelle absolue et nécessaire.<o:p></o:p>

    - le jugement seul permet de distinguer le vrai du faux, le bien du mal et d’établir une connaissance universelle, il sollicite notre raison, notre penser (« penser c’est juger » Kant)<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    2)  La dialectique platonicienne de la connaissance<o:p></o:p>

    La dialectique socratique peut se définir comme l’art du dialogue et de la discussion « se connaître c’est se ressouvenir ». <o:p></o:p>

    Chez Platon la dialectique désigne la démarche par laquelle l’Homme s’arrache à la connaissance sensible pour parvenir sensiblement à la connaissance des Essences ou idées dans le monde intelligible.<o:p></o:p>

    Elle comprend 3 moment : la dialectique ascendante, contemplante et descendante.<o:p></o:p>

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    A)  La dialectique ascendante<o:p></o:p>

    Elle est illustrée chez Platon par le mythe et l’allégorie de la caverne.<o:p></o:p>

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    Polycopié<o:p></o:p>

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    Niveaux<o:p></o:p>

    Type de connaissances<o:p></o:p>

    Objet de conscience<o:p></o:p>

    Monde concerné<o:p></o:p>

    Science (épistème)<o:p></o:p>

    Conscience rationnelle intuitive (noétique)<o:p></o:p>

    Idée du bien anti pathétiques<o:p></o:p>

    Idées / essences<o:p></o:p>

    Monde intelligible (conçu) ou « monde du jour »<o:p></o:p>

    Conscience rationnelle discursive (dianoétique)<o:p></o:p>

    Objets mathématiques<o:p></o:p>

    Opinion (doxa)<o:p></o:p>

    Croyance<o:p></o:p>

    Objets sensibles <o:p></o:p>

    Monde sensible (perçu) ou « monde de la caverne »<o:p></o:p>

    Imagination <o:p></o:p>

    Ombre des objets sensibles<o:p></o:p>

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    Schéma de la dialectique ascendante<o:p></o:p>

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    La dialectique ascendante décrit le passage du monde de l’opinion au monde de la science.<o:p></o:p>

    a)   Le monde de l’opinion<o:p></o:p>

    C’est une représentation trompeuse du réelle, elle concerne les objets sensibles et comporte deux niveaux : <o:p></o:p>

    - l’imagination (elle ne connaît que les ombres et images des objets sensibles. L’imagination est le degré le plus bas du monde sensible [confusion et imprécision])<o:p></o:p>

    - elle connaît les objets eux-mêmes avec la sensibilité or nos sens nous trompent (exemple : illusion d’optique). Le monde sensible est discrédité.<o:p></o:p>

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    b)   la rupture nécessaire entre le monde de l’opinion et le monde de la science<o:p></o:p>

    Le monde intelligible ne saurait émaner du monde sensible de même que le parfait ne saurait émaner de l’imparfait c’est pourquoi l’âme doit s’isoler « le plus complétement en elle même en voyant promener le corps [et rompre] tout commerce et tout contact avec lui pour essayer de saisir le réel. » Platon<o:p></o:p>

    Le corps est une entrave et une connaissance véritable.<o:p></o:p>

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    c)    La science<o:p></o:p>

    Il est nécessaire pour l’Homme de franchir des paliers dans le monde intelligible :<o:p></o:p>

    - la connaissance rationnelle<o:p></o:p>

    - discursive mathématique<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    La connaissance mathématique fondée sur le raisonnement et la logique possède une certaine rigueur mais demeure imparfaite. Le géomètre a recours a des figures sensibles pour représenter les objets géométriques. <o:p></o:p>

    De plus le raisonnement mathématique est prisonnier des hypothèses de départ, raisonnement hypothético-déductif.<o:p></o:p>

    Des vérités auxquelles il parvient sont hypothétiques et relatives aux hypothèses de départ. Or ce qui intéresse Platon c’est atteindre la vérité absolue d’où le degré à franchir la connaissance rationnelle intuitive ou noétique qui permet de connaître les idées. Elle permet de remonter en déca des hypothèses. Connaissances anhypothétique (sans hypothèses). Elle trouve dans le monde des idées le fondement des hypothèses « l’âme va de l’hypothèse au principe absolu » Platon.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    B)  La dialectique contemplante<o:p></o:p>

    Une fois parvenu dans le monde intelligible le philosophe va contempler activement le monde des idées en prenant conscience de l’articulation des idées. Il y a autant d’idées qu’il y a de noms communs. Il y a une idée de chaque type d’objet.<o:p></o:p>

    Le philosophe s’aperçoit de la rationalité du monde fut éligible, il est a ce titre dialecticien. « Le dialecticien [est] celui qui atteint à la connaissance de l’essence de quelque chose » Platon<o:p></o:p>

    Le philosophe est celui qui mesure l’ensemble de la connaissance et qui peut en déterminer les degrés.<o:p></o:p>

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    C)  La dialectique descendante<o:p></o:p>

    Lorsque le philosophe a acquis une connaissance suffisante du monde des idées, il a le devoir de redescendre dans le monde sensible (représenté par la caverne). Il doit libérer les autres Hommes encore enchainés au monde sensible et comme seuls à détenir le savoir ils peuvent diriger la cité et déclare se servant de la raison.<o:p></o:p>

    Les philosophes s’opposent au tyran qui demeure en proie à leurs passions, à la partie la plus basse de leurs âmes, la sensibilité<o:p></o:p>

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    3)  L’opinion considérée comme un obstacle a surmonté d’un point de vue épistémologique<o:p></o:p>

    Bachelard oppose l’esprit scientifique à l’esprit poétique car le chercheur ne doit pas s’émerveiller devant le réel en utilisant son imagination, se sensibilité, il doit au contraire avoir une distance critique vis à vis du réel. Il doit aussi se défaire des préjugés, des dons, des opinions, des obstacles épistémologiques.<o:p></o:p>

    Seule la raison peut produire des concepts dans une visée universelle. Il faut procéder a une purgation de nos passions : catharsis intellectuelle. Il faut également procédés à une psychanalyse de la connaissance de tout ce qui est de l’ordre de la subjectivité. Le fait scientifique n’est jamais donné de façon immédiate, brute toujours construite de façon médiate pas des outils conceptuels et techniques.<o:p></o:p>

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    II)         Raison et vérité<o:p></o:p>

    1)  Du bon usage de l’intuition et de la déduction<o:p></o:p>

    Descartes s’inscrit dans la continuité de Platon il défend une thèse rationaliste. La raison permet d’atteindre la vérité universelle.<o:p></o:p>

    Descartes situe l’origine des idées en dieu qui sème en l’esprit les idées innées. Il défend une position innéiste.<o:p></o:p>

    Les idées vraies claires ou distinctes sont des idées innées (l’idée de Dieu de l’esprit du corps, du triangle et de façon générale toutes celles qui représente des essences vraies et invariables).<o:p></o:p>

    L’Homme accède à des idées innées grâce à l’intuition intellectuelle.<o:p></o:p>

    « L’intuition est la conception d’un esprit pur et attentif […] qui nait de la seule lumière de la raison et qui, étant plus simple, est par suite plus sure que la déduction même »<o:p></o:p>

    L’intuition est un mode d’accès immédiat à la vérité tandis que la déduction est un mode d’accès médiat à la vérité qui s’appuie sur l’association des idées.<o:p></o:p>

    L’esprit peut former des idées adventices à partir de l’expérience. Descartes dit que ces idées adventices « semble être étrangère et venir de dehors »<o:p></o:p>

    Les idées factices : l’esprit utilise des éléments fournis par des éléments adventices et les combine par l’imagination. L’esprit crée des êtres chimériques comme le centaure, la sirène, le cheval ailé.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    2)  Vérité absolue et vérité relative<o:p></o:p>

    a)  L’idéal platonicien de la vérité absolue<o:p></o:p>

    Pour Platon la vérité est atteinte au terme de la dialectique ascendante de la connaissance qui suppose que l’âme se détache de la corruption du corps. C’est par la théorie de la réminiscence que l’âme atteint la vérité.<o:p></o:p>

    Pour Platon l’âme est immortelle dans sa partie rationnelle elle a donc contempler la vérité dans le monde des idées avant d’être incarnés dans le corps, c’est dans le dialogue en général et la maïeutique en particulière que l’esprit ressort d’un savoir antérieur.<o:p></o:p>

    Pour Socrate la recherche et le savoir ne sont au total que réminiscence.<o:p></o:p>

    Le dialogue fait émerger une vérité en commun.<o:p></o:p>

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    b)  La vérité comme « erreur rectifiée » (Bachelard)<o:p></o:p>

    Bachelard soutient le caractère relatif dialectique et mouvant de la vérité. Il affirme de « il n’y a pas de vérité première, il n’y a que des erreurs premières »<o:p></o:p>

    La thèse de Bachelard sera reprise par Popper et il affirme que « nos erreurs peuvent être instructives, d’un point de vue pédagogique et épistémologique » <o:p></o:p>

    L’erreur est toujours la marque d’une audace d’une prise de risque d’une remise en question de certaines théories, idées.<o:p></o:p>

    On rejoint le concept des coupures épistémologiques de Bachelard.<o:p></o:p>

    En outre selon Popper les théories doivent être falsifiables en puissance. Pour cela on doit faire des tests empiriques et cruciaux.<o:p></o:p>

    Selon Popper « un système faisant partie de la science empirique doit pouvoir être réfutées par l’expérience »<o:p></o:p>

    Il y a un dialogue qui s’instaure entre la théorie et l’expérimentation « le critère de la scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider de la réfuter ou encore de la tester »<o:p></o:p>

    Popper analyse l’expérience du point de vue critique, l’expérience peut servir à dire « non » c’est à dire à rejeter des théories erronées d’où sa thèse falcificacioniste : « la falsifiabilité, et non la vérifiabilité d’un système, qu’il faut prendre comme critère de démarcation » entre sciences et non sciences.<o:p></o:p>

    La pseudoscience est une « théorie vague » comme l’astrologie.<o:p></o:p>

    Les astrologues formulent à la manière des devins leur « interprétation et prophéties de manière suffisamment vague pour faire bon marché ».<o:p></o:p>

    Une théorie scientifique véritable doit être précise exacte pour en courir le risque de la réfutation.<o:p></o:p>

    Seul le concept comme l’a montré Hegel peut produire le savoir universel. Popper critique également les théories qui explique tout comme la psychanalyse et le marxiste. Freud raisonne par induction en postulant que l’inconscient est la cause invisible de symptômes échappant à la conscience.<o:p></o:p>

    Le marxisme est une forme de dogmatisme et d’historicisme. Selon Popper il est faux de croire que le futur est conditionné par le présent. De plus les marxistes attribuent automatiquement la position d’un adversaire à ces préjugés de classe.<o:p></o:p>

    D’où la conclusion de Popper « une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvu de caractère scientifique, pour les théories l’irréfutabilité n’est pas (comme on l’imagine souvent) vertu mais défaut »<o:p></o:p>

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    3)  Vérité formelle et vérité matérielle<o:p></o:p>

    La vérité formelle ou logique consiste dans l’accord de la pensée avec elle-même.<o:p></o:p>

    Cette vérité formelle est l’accord d’une connaissance avec les lois universelles de l’entendement et de la raison.<o:p></o:p>

    La vérité formelle caractérise seulement la cohérence d’énoncés non empirique.<o:p></o:p>

    La vérité matérielle ou objective, consiste dans l’accord de la pensée avec les données de l’expérience « la vérité matérielle doit consister dans l’accord d’une connaissance avec un objet déterminé auquel elle est rapportée »<o:p></o:p>

    Le phénomène s’oppose à la chose en soi d’un point de vue empirique. <o:p></o:p>

    Ex : les sciences physiques et expérimentales cherchent à établir des vérités matérielles en se confrontant à la réalité vécue.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    III)      Conclusion<o:p></o:p>

    On peut dire que l’opinion peut avoir une utilité dans la vie quotidienne car elle nous renseigne sur la nocivité des choses pour nous. Mais l’opinion demeure subjective particulière instable dans le domaine épistémologique.<o:p></o:p>

    Mais il faut éviter de tomber dans le dogmatisme qui enferme l’Homme dans des certitudes absolues.<o:p></o:p>

    Le scepticisme à l’opposé du dogmatisme n’est pas un point de vue en science.<o:p></o:p>

    Le scepticisme nie la possibilité de connaitre avec certitude la réalité telle qu’elle est en soi (cf. pyrron)<o:p></o:p>

    Il semble plus prudent en science d’adopter une position intermédiaire qui est le criticisme. Dans tous les cas la raison demeure l’instrument principal au service de la vérité et de l’opinion.<o:p></o:p>


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